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Le Christmas pudding pourri de l’ONU

L’odeur puante de la Résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU monte au ciel, mais ne comptez pas sur moi pour ressasser l’évidence : l’abstention coup-de-poignard-dans-le-dos américaine est motivée par les convictions profondes du président Obama. Qui plus est, la sinistre résolution n’avancera nullement le processus de paix. Pouah ! De l’actualité mille fois réchauffée. En fait ce 2334 est taillé en ceinture explosive pour suicide international plutôt qu’en massue bonne à tabasser les Juifs.

Voyons voir comment nos confrères de chez BFM TV ont rendu compte du vote en faveur de la résolution : le JT type du 23 décembre démarre avec des images, toujours les mêmes depuis 4 jours, du marché de Noël berlinois saccagé, suivies des scènes de rue à Oueslatia, le trou perdu tunisien d’où le djihadiste en poids lourd Anis Amri a surgi à la conquête de l’Europe. De là on passe sans transition à la fête de Noël : nos marchés achalandés de délices du terroir, la frénésie des derniers achats de cadeaux, la présence angoissante /rassurante devant nos églises des policiers et des militaires baraqués. Nos églises, frère, pas nos synagogues. Le JT est bouclé par le long cortège de réfugiés et de rebelles misérables évacués des ruines enneigées d’Alep. En bas de page sous ces informations pertinentes, le bandeau cite en passant l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité « condamnant la colonisation israélienne ».

Juxtaposition frappante : attentat djihadiste par camion bélier, marchés de Noël inquiets, militaires sur le seuil de la messe de minuit, l’abcès suppurant de la Syrie… Et l’ONU prend dans son collimateur… Israël ! Au bon vieux temps, une telle claque administrée par l’instance internationale aurait provoqué en France un barrage d’insultes et d’accusations contre l’Etat juif. Mais la souffrance des Palestiniens enchante moins : du 23 décembre jusqu’au jour de Noël, la résolution perfide n’a pas réussi à monter du bandeau à l’écran, monopolisé par le massacre de Berlin. J’ai appris par la suite que Le Monde et ses acolytes avaient pris plaisir à remuer le couteau dans la plaie mais c’est comme on dit un détail de l’histoire.

Il paraît que la police allemande a pris 24 heures avant de trouver les papiers d’Amri enfoncés sous le siège du monstre meurtrier de 40 tonnes. Des observateurs naïfs se demandent alors pourquoi ces mecs distraits — tells les frères Kouachi qui ont abattu le personnel de Charlie Hebdo il y a deux ans — oublient leurs papiers sur la scène du crime. Serait-ce que vous n’entendez pas, messieurs, le allahu akhbar de leur fière signature ? Entre temps [selon certaines sources par la suite démenties] Amri se la coule douce au sein de la mosquée « Daesh » de Berlin, en face d’un poste de police. Et dans le même entre temps, la Nouvelle-Zélande, acoquinée avec la Malaisie, le Venezuela et le Sénégal, fait un bras d’honneur au monde occidental sous la forme d’une résolution en trompe l’œil qui vous livre, pauv’ pigeons, aux mains de tous ces Amri qui tracassent vos rues et vos places publiques. Vous êtes en ligne de mire, les mecs, et vous ne savez pas quoi faire.

Alors que l’ambassadeur onusien de François Hollande lève le doigt en soutien à la résolution Christmas pudding pourri, ledit Amri traverse doucement la frontière allemande — pays transi de culpabilité quant à la Shoah, incapable de fermer le frontière suite à l’attentat — et entre en France [via, selon les dernières informations, Amsterdam et Bruxelles]. Il passe par Lyon et Chambéry en route pour Turin, Milan et ainsi de suite à son gré s’il n’avait pas croisé deux caribinieri bien éveillés qui ont tiré droit depuis le cœur de notre liberté en péril.

Ils sont où les malins qui traitaient Nicolas Sarkozy et Tony Blair de « caniches » de George W. Bush ? Pas gênés par notre François Hollande empâté, béni-oui-oui de BHO, le même BHO qui l’a laissé en rade quand Assad a franchi la ligne rouge tracée en encre disparaissant ? Demandez au mal-aimé Hollande pourquoi la France a soutenu la Résolution N° 2334, il répondra sans doute que c’est dans l’intérêt de la paix. Hmph ! Ici chez nous les villes et les régions vivent sous la menace de solutions à « deux-états » et Paris est plus en danger de division que Jérusalem. La France, trop occupée à faire la putain sur les trottoirs de l’ONU pour reconnaître sa propre fragilité ironique, ne s’oppose à rien : c’est comme vous voulez, les potes, nous on ne fera pas de vagues. Mélangez un peu de paix au pudding et on l’avalera goulument.

Les autorités tunisiennes ont tergiversé, perdant de précieux mois avant d’avouer la nationalité d’Anis Amri et d’accepter son retour. Trop tard. Il avait déjà écrasé, estropié, tué des victimes dont on parle à peine dans les médias, comme si leur existence matérielle faisait de l’ombre à la masse de réfugiés dont les besoins nous incombent. Le président français sortant n’a même pas su utiliser la législation en vigueur pour expulser les milliers de djihadistes à double nationalité qui ne méritent pas notre hospitalité. Les Tunisiens, quant à eux, ne veulent pas reprendre leur rebut : ils manifestent avec des pancartes “No Jihadis Here.”

La chaîne LCI remplit le vide à l’approche du réveillon avec la rediffusion des émissions “24 heures en question” animées par Yves Calvi. J’ai suivi celle sur les chrétiens du Moyen Orient, ou plus exactement leur imminente absence. Grâce à mon amie Bat Ye’or, je connais les tenants et aboutissants de cette histoire. N’empêche, je suis choquée par les chiffres : des populations chrétiennes comptées en millions réduites à des centaines de milliers sans espoir de survie à long terme pour ceux qui restent encore. Et pourtant, il semblerait que personne parmi les experts conviés par Calvi n’ait entendu parler de la haine des chrétiens inscrite dans l’islam doctrinaire. Ils cherchaient bêtement des explications de cette animosité énigmatique qui gronde dans le berceau même du christianisme. Contrecoup des croisades selon l’un des experts, réaction à l’invasion de l’Iraq en 2003, assure un deuxième, alors que le troisième se soucie de l’absence de diversité au Moyen-Orient qui pourrait par ricochet compromettre celle, harmonieuse, de notre belle Europe. Entre temps les Européens affutaient leurs couteaux pour le vote assassin au Conseil de sécurité.

Ils croient (toujours) qu’en poignardant les Juifs ils protègent leur cul des djihadistes. La juxtaposition démontre le contraire : douze personnes sauvagement écrasées au marché de Noël à Berlin ; des centaines abattues en France; les flammes qui montent dans le ciel de l’Iraq, la Syrie, le Yémen, la Libye, cernent le Maghreb et soufflent dans le cou de l’Europe ; des centaines de milliers massacrés en Syrie où les Etats-Unis lead from behind ; et les fantassins du djihad humanitaire qui sont déversés par millions par nos portes grandes ouvertes. La Russie, alliée à l’Iran et au Hezbollah, prend les décisions, manipule les vétos, bombarde jardins d’enfants et hôpitaux, trace de nouvelles frontières.

Voilà pourquoi les diplomates occidentaux réunis au sein des Nations Unies ont voté en faveur de la shari’a.

Oui, la shari’a. C’est cela la loi « internationale » approuvée le 23 décembre. C’est le revers de cette paix numéro 2334. La paix de la soumission. Une population chrétienne forte de plus d’un milliard d’âmes ne peut pas protéger les siens contre la conquête du djihad, ni au Moyen-Orient ni même en Europe sur son propre sol. Pourquoi Israël devrait-il rester seul debout et puissant ? Parce que ses citoyens sont courageux, débrouillards, inventifs et sages ? Parce que le bras tendu ne faiblit et ne faillit pas ? Les armées arabo-musulmanes ont fait de leur mieux, les usurpateurs « palestiniens » manient toute forme de haine, explosive, tranchante, contondante et en véhicule bélier mais Israël brille et s’épanouit. Israël résiste.

En désespoir de cause, le Conseil de sécurité de l’ONU, dame de service de l’Organisation de la Coopération Islamique, propose du Christmas pudding pourri sur un plateau en or, entraîne les Occidentaux dans ce cul de sac, leur fait croire qu’ils livrent des gifles bien méritées à l’embêtant Etat-youpin, les flatte de promesses parfumées de pétrole, les mène par tricherie à voter leur propre déchéance.

Tu penses qu’il s’agit du « West Bank », mon chou ? C’est le West tout entier sans rive et sans limites ! La résolution 2234 s’applique à vous. Elle cautionne la vision du monde d’Anis Amri, motive son exploitation de votre système d’asile suicidaire, légitime son geste ultime. Il a réquisitionné un semi-remorque, a sauvagement assassiné le chauffeur et s’en est servi comme arme contre des civils sans défense. Parce que, selon la logique du djihad, des promeneurs au marché de Noël berlinois sont des colons coupables de l’occupation illégale d’un territoire qui appartient à allah. Les résidents du dar al-harb qui flânent insouciants sur le vaste champ de bataille sont du gibier halal. Et le Conseil de sécurité acquiesce.

Mais pas Israël. Israël résiste. Et le Christmas pudding pourri finira bientôt sur une montagne d’ordures.

 

Nidra Poller est une écrivain et journaliste américaine qui vit à Paris depuis 1972. Elle a été publiée dans un large éventail de publications d’envergure internationale, dont Times of Israel, Tablet, Midah, New English Review, Dispatch International, Commentary, Wall Street Journal Europe, National Post (Canada), Israel Affairs, Midah, NY Sun, Family Security Matters. Mme Poller est l’auteur de « The Black Flag of Jihad Stalks the Republique » et publiera fin janvier 2017 son prochain livre, «Troubled Dawn of the 21st Century ».

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Auteur : © Nidra Poller pour InfoEquitable. Si vous souhaitez reproduire cet article, merci de demander ici une autorisation écrite préalable.

Cet article disponible est également dans sa version originale anglaise sur le site Family Security Matters.

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