AccueilVeille médiasAttentat à Jérusalem : quand des faits bien nets deviennent flous

Attentat à Jérusalem : quand des faits bien nets deviennent flous

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Un terroriste a réussi à blesser quatre Israéliens, dont l’un a perdu la vie. Les titres de l’AFP ont mis longtemps avant de mettre en évidence l’appartenance du tireur au Hamas. Et Le Parisien, sur la base de la dépêche de l’AFP, a obscurci davantage les faits.

 

Eliyahu Kay, qui a succombé à ses blessure après l’attaque, était un jeune homme de 26 ans. Il marchait dans la vieille ville de Jérusalem pour se rendre à son travail, guide archéologique dans les tunnels longeant le mont du Temple, lorsque le terroriste a ouvert le feu.

 

 

Ce n’est pas sa photo qui a circulé dans les médias. Plutôt que d’humaniser la victime, ce qui aurait pu susciter un sentiment d’empathie parmi, l’Agence France-Presse (AFP) a préféré une photo de policiers armés patrouillant une rue, qui donnera infiniment moins envie aux lecteurs de s’identifier aux Israéliens.

 

Un titre vague

Durant plusieurs heures, le titre choisi par l’AFP a été très évasif.

 

 

Impossible, à sa lecture, de connaître l’identité de l’assassin et des victimes.

Cette propension à ménager les terroristes arabes en ne les nommant pas contraste avec ce qui est fait dès qu’il est possible d’incriminer Israël pour des violences.

Un autre titre de l’AFP la semaine précédente mettait clairement la faute sur Israël pour la mort d’un Palestinien, sans prendre de pincettes. Et ce, même si les circonstances étaient bien différentes et l’innocence du mort loin d’être établie, puisque l’article expliquait que les faits se seraient produits lors de l’arrestation de suspects par l’armée, qui aurait alors essuyé des tirs et riposté (alors qu’il est clair qu’Eliyahu Kay n’avait agressé personne, l’attaque ayant d’ailleurs été préméditée au point que le terroriste avait mis des membres de sa famille à l’abri à l’étranger quelques jours avant de commettre l’attaque).

 

 

Toutefois, dans son texte sur l’attentat de Jérusalem, l’AFP a indiqué la qualité de membre du Hamas du tireur.

Et elle a, bien que tardivement, fini par mettre à jour son titre pour y préciser cette information (en français, et en anglais après des échanges avec CAMERA qui signalait les lacunes initiales).

 

Le titre de l’AFP, avant et après mise à jour. Le responsable, connu dès le début, enfin désigné.

 

Le « flou » du Parisien

En général, lorsqu’un attentat se produit en Israël, la plupart des médias se contentent de recopier les dépêches de l’AFP.

Mais un journal a choisi de personnaliser son article, bien que se basant sur le matériel de l’AFP.

 

 

Ainsi commence l’article du Parisien (gras ajouté par nos soins) :

« Les circonstances de cette attaque à l’arme à feu ce dimanche, dans la Vieille Ville de Jérusalem, sont encore floues. Selon les autorités israéliennes, une personne de 30 ans a été tuée et trois autres ont été blessées. La police israélienne a, par ailleurs, confirmé le décès de l’assaillant, « neutralisé » par les forces de l’ordre. Parmi les victimes, deux seraient des civils et deux des policiers.

Les faits auraient eu lieu vers 9 heures (heure locale). Une journaliste de l’AFP sur place a entendu des salves de coup de feu et des cris. Juste après l’attaque, de nombreux policiers ont été déployés dans la Vieille Ville, où le corps de l’assaillant est longtemps resté inerte au sol. »

L’usage du conditionnel contraste avec la suite du texte que Le Parisien a repris plus fidèlement de l’AFP. On y apprend que, non seulement Israël a accusé le tireur de faire partie du Hamas, mais le mouvement islamiste lui-même ne s’est pas fait prier pour féliciter l’auteur :

« « Notre martyr à Jérusalem a passé sa vie a prêché le djihad (…) cette opération héroïque est un avertissement à notre ennemi et son gouvernement afin qu’il cesse d’occuper nos terres », a indiqué le Hamas dans un communiqué depuis la bande de Gaza, enclave palestinienne sous son contrôle. »

Le Parisien a toutefois retiré quelques paragraphes plus explicites figurant dans la dépêche de l’AFP.

« Dans un sermon prononcé récemment dans une mosquée de Jérusalem, et dont l’AFP a visionné un enregistrement, l’assaillant accuse les Israéliens « d’être les pères de l’oppression, financés par Satan et les Emirats arabes unis », pays qui a normalisé l’année dernière ses relations avec Israël. »

C’est déjà bien, mais l’AFP ne fait là qu’effleurer l’engagement idéologique de celui qu’elle appelle « l’assaillant ». Le lecteur qui voudrait en savoir plus sur la personnalité du terroriste comprendra mieux ce qui a motivé son acte en lisant l’excellent article de Khaled Abu Toameh dans le Jerusalem Post.

Autre passage fourni par l’AFP mais jugé superflu par Le Parisien, cette phrase d’un ministre israélien qui estime que l’assassin « était un membre du Hamas, de la branche politique, pas de la branche armée » et la citation du président israélien qui affirmait justement que « la communauté internationale devrait reconnaitre le Hamas comme une organisation terroriste ».

Une information clé puisque le Royaume-Uni qui opérait justement une distinction entre les deux branches venait de désigner, deux jours auparavant, l’ensemble du mouvement comme terroriste, branche politique comprise.

On le voit, l’acte n’est pas flou, les circonstances ses motivations anti-juives non plus.

Il faut bien se rendre compte – et de cela les médias ne parlent pas – que cette haine des Juifs est maltraitante pour les Palestiniens eux-mêmes. Regardez le triste regard hébété de cette petite fille (une sœur ?) aux côtés d’une fille du meutrier qui loue son geste :

 

 

Regardez aussi cet enfant qui a étudié – été endoctriné, serait-on plutôt tenté de dire – auprès du terroriste (celui-ci enseignait la religion islamique dans une école arabe de Jérusalem supervisée par le ministère de l’Education israélien (!)) et qui le pleure : « Il était un homme bon. Il n’insultait jamais personne à part les Juifs, qu’Allah les brûle » :

 

 

Il faut dire que l’établissement en question, l’école Rashidiya, abrita dans les années 1920 un autre professeur devenu célèbre : le Grand mufti Amin al-Husseini, père fondateur de la cause palestinienne et fervent allé des nazis pendant la guerre.

Mais sur cet antisémitisme forcené aux racines profondes, les médias garderont le flou.

 

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