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Lettre ouverte au CSA à propos du reportage d’Envoyé spécial sur Gaza

InfoEquitable demande au Conseil supérieur de l’audiovisuel de se prononcer sur plusieurs séquences du reportage diffusé le 11 octobre par France Télévisions.

 

Diffusez largement ce texte et n’hésitez pas à relayer ce signalement au CSA en remplissant le formulaire

https://www.csa.fr/Mes-services/Alerter-le-CSA-sur-un-programme

(Indiquer sur le formulaire :

Le nom de la chaine concernée : France 2

Le nom du programme ou de la publicité : Envoyé spécial

La date de diffusion : 11/10/2018

L’heure approximative de diffusion : 22h)

                             

M. le Président, 

Nous souhaitons porter à votre connaissance plusieurs séquences du reportage  « Gaza, une jeunesse estropiée », diffusé le 11 octobre 2018 dans le cadre du magazine de France 2 Envoyé spécial, qui, selon nous, contrevient aux règles de rigueur professionnelle, d’équilibre et d’éthique de l’information prônées par le servie public de l’audiovisuel.

 

 

Ces dérapages ont suscité des réactions de protestation de la part de nombreux téléspectateurs qui ont manifesté leur mécontentement notamment sur les réseaux sociaux.

C’est pourquoi il nous a paru légitime de vous exposer les points qui nous paraissent les plus problématiques afin que vous fassiez connaître votre avis, conformément à la mission de votre institution. 

InfoEquitable est un site Internet animé depuis 2016 par une équipe de journalistes professionnels qui effectue un travail critique de vérification sur l’information concernant le conflit israélo-palestinien diffusée par la presse française.

 

Un reportage partisan 

A travers divers portraits de civils palestiniens, tous présentés comme ayant été blessés lors d’émeutes face à l’armée israélienne, « Gaza, une jeunesse estropiée » est bâti autour d’une thématique unique : les Israéliens sont accusés de tirer sans justification réelle sur des « manifestants » désarmés et de leur infliger de graves blessures.

 

 

Le commentaire et le ton général du reportage reprend pour l’essentiel le narratif de la propagande palestinienne, dépeignant les civils palestiniens comme des « réfugiés » chassés de leur terre par les Israéliens et dont les manifestations « pacifiques » ne viseraient qu’à permettre un retour légitime dans leurs villages.

La violence dont font preuve certains palestiniens est justifiée dans le commentaire par « la misère » dans laquelle ils vivent et dont Israël est désigné comme seul responsable.

 

Un reportage déséquilibré

La quasi-totalité du reportage d’une durée de 30 minutes donne la parole à une quinzaine de civils palestiniens qui accusent l’armée israélienne ainsi qu’à un militant de l’organisation israélienne d’extrême gauche  « Breaking the Silence » qui défend le même point de vue.

La séquence dans laquelle le porte-parole de l’armée israélienne a la possibilité de répondre à ces accusations ne dure que 2 minutes.

 

 

Son interview – découpée en quatre courts extraits – ne totalise que 57 secondes. 

S’agit-il selon vous d’un reportage « équilibré » qui respecte la « diversité des points de vue » selon les critères et les exigences du CSA ?

 

Un reportage qui passe sous silence le rôle du Hamas

Le reportage d’Envoyé spécial présente ces émeutes violentes comme des manifestations spontanées et légitimes de colère populaire. 

A aucun moment la question du rôle du Hamas dans ces combats n’est posée.

Le reportage se contente d’indiquer qu’un message radio est diffusé tous les vendredis après la prière par une  « Haute commission pour la Marche du Retour et la fin du blocus », appelant la population à aller manifester.

 

 

Les journalistes d’Envoyé spécial se sont contentés de reprendre ce message sans se donner la peine de savoir qui se cachait derrière cette « Haute commission nationale pour la Marche du Retour ».

Considérez-vous qu’il s’agit là d’une enquête sérieuse et professionnelle? 

Il est de notoriété publique que ces « Marches du Retour » sont organisées par le Hamas, qui dirige sans partage la bande de Gaza.

Les journalistes eux-même ne peuvent y travailler qu’avec l’assentiment de l’organisation islamiste qui contrôle l’information de manière très stricte.

Considérez-vous que les téléspectateurs ont été correctement informés de cet état de fait et des conditions dans lesquelles a été réalisé ce reportage ?

 

Un reportage qui justifie l’emploi de civils et d’enfants comme boucliers humains

A de nombreuses reprises, le reportage montre et valorise la présence de très jeunes civils envoyés en première ligne dans ces émeutes.

 

 

Mais il ne signale à aucun moment la présence de groupes armés qui utilisent des engins explosifs contre les soldats israéliens.

Quelques jours avant la diffusion du reportage, la presse israélienne avait rapporté la violence de ces émeutes.

 

« Selon l’armée israélienne, plus de 100 bombes et grenades lancées contre les soldats durant les émeutes de vendredi à Gaza »

 

De très jeunes adolescents et même des enfants interviewés à visage découvert (en violation de toutes les règles édictées par le CSA lorsqu’il s’agit de reportage réalisés en France) affirment être venus de leur propre initiative.

 

 

Présentant cette participation des enfants aux émeutes comme spontanée, l’équipe d’Envoyé spécial n’a manifestement pas été en mesure de contacter un officiel du Hamas pour recueillir son point de vue sur l’utilisation de ces très jeunes civils comme boucliers humains.

Une telle présentation complaisante et inexacte est-elle conforme selon vous aux règles d’éthiques du service public en matière d’information ?

 

Un reportage avec une interview dénaturée s’en prenant aux Juifs 

Le jeune Atallah (17 ans) est interviewé par les journalistes de France 2 sur sa volonté d’en découdre avec les Israéliens.

L’interview est traduite de la manière suivante :

 

 

« Ce sont mes frondes pour envoyer des pierres sur les colons israéliens, mais eux nous répondent avec leurs balles. »

 

Or l’interview originale en arabe laisse entendre le mot « Yahoud »  Juif – qui n’a visiblement pas été traduit par les journalistes d’Envoyé spécial. 

Pour quelle(s) raison(s) la traduction de cette interview a-t-elle été dénaturée ? Le mot « juif » a-t-il été sciemment remplacé par « colons israéliens » pour gommer le caractère antisémite  des propos du jeune Palestinien et les rapporter de manière plus politiquement correcte ? 

Le CSA soutient-il la demande d’InfoEquitable d‘exiger de France 2 qu’elle produise l’intégralité de l’interview litigieuse en arabe accompagnée d’une traduction assermentée ?

 

Un reportage avec des appels à commettre des attentats 

Dans la séquence suivante, Atallah manifeste son désir de commettre un attentat, à la voiture bélier, contre des civils en Israël :

 

 

« Je voulais aller en Israël pour trouver un travail et passer mon permis. Et alors j’aurais conduit dans une opération kamikaze… Hélas, ça ne se fera pas. »

 

Cette apologie du terrorisme est précédée d’une séquence et d’un commentaire complaisant insistant sur la vie difficile du jeune Palestinien et justifiant par avance ses propos.

 

 

Cette vie misérable, la faute d’Israël, selon lui. Il reproche à l’Etat hébreu d’avoir confisqué les terres de sa famille. Et voulait se venger.

 

Cette séquence n’est accompagnée d’aucun commentaire de condamnation ou de mise en garde. 

Tout au plus, le journaliste se borne à conclure qu’il s’agit là d’une « effroyable menace »… Ce n’est pas vraiment une condamnation.

 

Un reportage qui contrevient à de nombreuses reprises aux recommandations du CSA

InfoEquitable souhaiterait connaître l’avis du CSA sur cette dernière séquence ainsi que sur celles qui précèdent. 

Le reportage « Gaza, une jeunesse estropiée » contrevient-il en particulier à la recommandation N° 2013-04 du CSA concernant le traitement des conflits internationaux, qui enjoint aux médias audiovisuels de s’abstenir de « présenter de manière manifestement complaisante la violence » ? 

 

 

Relayez cette demande en transmettant cet article au CSA et en signalant le reportage d’Envoyé spécial :

https://www.csa.fr/Mes-services/Alerter-le-CSA-sur-un-programme

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Auteur : InfoEquitable. Si vous souhaitez reproduire cet article, merci de demander ici une autorisation écrite préalable.

Derniers commentaires
  • Bravo pour votre travail.

    La chaine du service public est une chaine de propagande au service la racaille. Yvan martinet est un activiste comme Charles Enderlin.

  • Formulaire rempli et message copié-collé. Puissions-nous être nombreux à dénoncer et nous lever contre la désinformation qui mène à la haine.

  • Je suis entièrement d’accord avec vous ! Message envoyé au CSA. Merci pour votre travail !

  • Ca me fait toujours sourire ce genre d’article.
    Je me dis que certains nigauds y adhèreront.

    Merci

  • Ai envoyé le formulaire de saisine. Bien vôtre.
    Merci pour votre travail.

  • J’ai envoyé le formulaire de saisine. Nous avons en France beaucoup d’actes de racailles qui ne sont jamais montrés dans les journaux ni télés ni informés par les radio. Merci pour votre travail.

  • Bon courage dans votre action, ça ne va sûrement pas être facile de vous faire entendre. En Europe, sur ce sujet, la musique va toujours dans la même direction ! La propagande arabo-palestinienne est très forte et elle bénéficie de l’oreille de l’Europe.

  • Malheureusement la haine du juif repart chez toutes les couches de la société. Ceci dit bravo, il faut des personnes qui dénoncent ces informations tronquées. Beaucoup ne connaissent rien à la réalité du terrain…

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