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Quand l’AFP passe sous silence le pedigree des djihadistes déguisés en civils


L’Agence France-Presse édulcore dans ses dépêches le profil des combattants du Hamas et du Djihad islamique abattus par Tsahal et les présente comme de simples badauds ou « manifestants ».

 

Autant le dire tout net, une fois de plus, la couverture par l’AFP des derniers affrontements violents entre Palestiniens et soldats israéliens ne nous paraît ni objectiveni conforme à la réalité.  

Irions-nous jusqu’à dire que l’Agence France-Presse ment grossièrement ou diffuse de fausse informations ? Non, bien sûr.  

Les dérives propagandaires de la première agence françaises reposent sur des distorsions plus subtiles mais ont le même objectif : présenter les morts et les blessés palestiniens comme de pacifiques civils ou de simples manifestants, exprimant tout au plus leur légitime colère face à des soldats israéliens brutaux et sans pitié.  

Le premier exemple concerne la mort d’un adolescent palestinien, lors d’une opération de l’armée israélienne le 24 août dans le « camp de réfugiés » de Balata au nord de la Cisjordanie.  

C’est ce que rapporte l’AFP dans cette dépêche (diffusée ici sur le site du Figaro) dont le titre met en avant la mort du jeune Palestinien.

 

 

On y apprend que Imad Khaled Saleh Hashash, âgé de 15 ans, a été mortellement blessé d’une balle en pleine tête et qu’il a succombé à ses blessures à l’hôpital de Naplouse.

Certes, l’AFP rapporte la version de l’armée israélienne qui dit avoir tiré en direction « d’un suspect sur un toit qui tenait un grand objet dans ses mains et qui tentait de le jeter sur un soldat au bas de l’immeuble ». L’armée dit également que les soldats ont « essuyé des tirs à balles réelles depuis des toits » et des « jets de pierres et d’objets », lors de l’opération qui visait à interpeller un suspect.  

Mais la dépêche livre aussi le témoignage circonstancié d’un témoin, habitant le camp de Jabalia, membre de la famille de la victime :

 « Un garçon de 15 ans, qu’est-ce qu’il a fait ? Un enfant innocent qui dormait chez lui, il a entendu une fusillade dans le camp alors il est sorti comme tout le monde pour voir ce qu’il se passait, et il a reçu une balle dans la tête », s’est désolé auprès de l’AFP Khaled Ahmed, un cousin de la victime.  

Qui croire ? La version du porte-parole de Tsahal (qui peut donner à penser que les soldats israéliens ont tout de même la gâchette un peu facile) ou celle du cousin d’Imad Ashash qui ne contredit d’ailleurs pas totalement celle des Israéliens (l’adolescent aurait été abattu pour être simplement apparu sur un toit) ?  

Le bureau de l’AFP de Naplouse aura peut-être estimé avoir fait son boulot en rapportant les versions des deux camps.  

Sauf que.  

Sauf que l’AFP semble avoir occulté une information importante : à 15 ans, l’adolescent appartenait à l’organisation terroriste du Djihad islamique.  

Le compte israélien Abu Ali Express sur Telegram qui effectue remarquable travail de veille sur les réseaux sociaux palestiniens a retrouvé ces photos du jeune Imad Ashash.  

 

 

A peine sortie de l’enfance, le jeune palestinien était déjà formé au maniement des armes de guerre.

Sur cette vidéo, l’organisation terroriste a organisé une imposante parade militaire pour lui rendre hommage lors des funérailles.

 

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A aucun moment, cette appartenance d’Imad Ashash au Djihad islamique n’a été évoquée dans les dépêches de l’Agence France-Presse. 

Manifestement, le bureau de l’AFP fait l’impasse sur les réseaux sociaux et semble considérer que les témoignages lénifiants du cousin Khaled sont fiables et suffisants.

 

Info tronquée en provenance de Gaza 

Le samedi précédent, de très violentes émeutes – planifiées et organisées par le Hamas – se sont déroulées le long de la barrière fortifiée qui sépare Gaza du territoire israélien.

 

 

L’information essentielle pour l’AFP (dépêche reprise ici sur le site du Monde), c’est que l’armée israélienne a ouvert le feu sur « des foules de jeunes manifestants » et que 41 d’entre eux ont été blessés.  

L’agence de presse française utilise les mots « manifestation » et « manifestants », concédant tout au plus que certains ont lancé des objets incendiaires sur les soldats.

L’AFP est également très elliptique lorsqu’elle se borne à indiquer qu’un soldat israélien a été grièvement blessé « par des tirs venus de Gaza ». 

Cette imprécision s’apparente à un mensonge par omission. C’est un homme armé, mais vêtu en civil et mêlé aux « manifestants », qui est parvenu à atteindre le mur de séparation qui garde la frontière et à tirer par une fenêtre dans le poste de garde où se trouvait le soldat.

Cet assaut – dont les images ont fait l’ouverture de tous les journaux télévisés israéliens et qui démontre la dimension militaire des émeutes menées par le Hamas – a été mis de côté par l’AFP. 

 

Le tireur, membre du Hamas, est désormais considéré comme un héros à Gaza.

Grièvement blessé à la tête, le sergent Barel Hadaria Schmueli est mort dix jours plus tard, le 30 août, malgré les soins intensifs pratiqués à l’hôpital.

 

Un responsable du Hamas présenté comme un simple « manifestant »

Le 25 août une dépêche de l’AFP (ici reprise par le journal libanais L’Orient-le-Jour) rapporte qu’un Palestinien de 32 ans « succombé à ses blessures provoquées cinq jours auparavant par des tirs de l’armée israélienne ».

 

 

La dépêche donne l’identité de ce Palestinien : 

Ossama Khaled Daiah était « originaire du camp de réfugié de Jabalia » et avait été « blessé en marge des manifestations » le samedi précédent, rapporte l’AFP.

« En marge des manifestations… », qu’est-ce à dire ?   

Peut-être n’était-il qu’un badaud et se contentait-il de regarder depuis un trottoir ?

L’AFP n’en dit mot.

Grâce au compte israélien Abu Ali Express, nous en savons quand même un peu plus sur son CV. 

 

 

« Les brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, confirment dans un communiqué officiel qu’Ossama Daiah était l’un des leurs », rapporte Abu Ali Express.

 

 

Selon des sources palestiniennes, Ossama Daiah était un vieux routier de l’action violente et un habitué des émeutes le long de la barrière entre Gaza et Israël où il jouait un rôle de meneur.

Sur cette vidéo, on peut voir Ossama Daiah en civil en train de coordonner les émeutes et inciter les jeunes Palestiniens à monter au front.

 

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Sa tenue en civil ne doit pas tromper : c’est une tenue de camouflage.

Gaza ville, il portait volontiers l’uniforme des djihadistes du Hamas.

 

 

Enveloppé dans un drapeau du Hamas, il a eu droit à des obsèques militaires.

 

 

Des infos et des photos dont les abonnés de l’Agence France-Presse (c’est-à-dire l’ensemble de la presse francophone) n’ont pas eu connaissance.

A en croire l’AFP, Ossama Daiah n’était qu’un quidam palestinien abattu par les Israéliens « en marge d’une manifestation ».

 

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