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La très complaisante interview de l’antisémite Richard Falk dans Le Monde

Laissant la part belle à l’ex-« rapporteur spécial de l’ONU dans les territoires palestiniens », le quotidien du soir passe sous silence les positions extrémistes de Richard Falk et ses dérapages antisémites.

 

Le journal Le Monde a publié vendredi 24 novembre 2017 une interview de Richard Falk qui fut durant de nombreuses années le « rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 ».

 

 

Cette interview revient largement sur la publication, au mois de mars dernier, d’un rapport de l’ESCWA, une agence de l’ONU qui accusait Israël d’avoir instauré un « régime d’apartheid ».

Le caractère outrancier et pour tout dire mensonger de ce rapport avait provoqué un scandale jusqu’au au sein de l’ONU. Le secrétaire général de l’organisation internationale, Antonio Guterres, avait exigé et obtenu le retrait du rapport du site web de l’ESCWA. Sa secrétaire exécutive, Rima Khalaf, avait démissionné en signe de protestation, soutenue par les 18 gouvernements arabes qui composent l’ESCWA.

Connu depuis des lustres pour ses positions violemment anti-israéliennes, Richard Falk est le co-auteur du rapport. C’est sans doute pour cette raison que Le Monde a jugé utile de lui offrir cette tribune sous forme d’interview dans laquelle l’ancien rapporteur de l’ONU plaide en faveur du rapport contesté et appelle au boycott d’Israël.

En fait de plaidoyer, Richard Falk se livre plutôt à un réquisitoire. En une dizaine de questions, la journaliste du Monde Hélène Sallon donne la part belle au vieil universitaire américain, âgé aujourd’hui de 87 ans, qui déverse son venin anti-israélien sans que personne ne vienne véritablement lui apporter la contradiction.

Pour résumer l’essentiel de la pensée de Richard Falk, Israël serait « un Etat non-démocratique » bâti sur un « régime d’apartheid ». A ses yeux, les Israéliens sont les seuls responsables du blocage du processus de paix. Les Palestiniens et le Hamas seraient en revanche des interlocuteurs crédibles et de bonne foi, sans doute les plus exquis dont on puisse rêver lors d’une négociation.

« J’ai trouvé chez ces gens une patience extraordinaire et une disposition à parvenir à un compromis. Je pense que le Hamas est sérieux dans sa volonté de parvenir à un cessez-le-feu de long terme avec Israël », avance-t-il doctement.

Plus Richard Falk déploie sa pensée, plus on approche du sublime.

A propos du Hamas, il dit :

« Le Hamas n’a pas abandonné l’idée d’une Palestine unifiée dans sa charte, mais il a abandonné le ton antisémite ».

InfoEquitable a sérieusement songé à décerner à l’ancien rapporteur de l’ONU une langue-de-bois d’or pour ce magnifique euphémisme. Ne dites pas « l’objectif du Hamas est la destruction d’Israël » mais dites : « Il n’a pas abandonné l’idée d’une Palestine unifiée dans sa charte ». On en convient, c’est plus élégant.

 Et pour achever de convaincre les derniers indécis, rajoutez : « Mais il a abandonné le ton antisémite ». Ah bon, c’était juste un « ton », une figure de style ? Pas antisémite le Hamas ? C’est manifestement ce que Richard Falk et les idiots utiles du Monde nous assènent. Exit les appels quotidiens au meurtre, l’éducation permanente à la haine des Juifs dans les programmes scolaires, dans les émissions de télévision pour les petits et les grands ! Il veut vous détruire, mais rassurez-vous, il a changé de ton…

 

Le Monde passe sous silence le CV sulfureux de Richard Falk

Il faudrait quand même rappeler (mais précisément, Le Monde ne le rappelle pas) que sur le terrain de l’antisémitisme, Richard Falk se pose là.

L’un de ses faits d’arme les plus marquants est la publication en juillet 2011 sur son blog de cette caricature antisémite.

 

 

Ce dessin montrait un chien juif en train de se repaître d’ossements humains encore ensanglantés tout en urinant sur une justice universelle complice et aveugle.

Gros plan sur le chien…

 

 

… Oui, c’est bien un Juif, portant une kippa décorée d’un magen David, une étoile de David.

La publication de cette caricature, qui avait rapidement fait le tour de la planète, avait suscité l’indignation dans toutes les capitales occidentales. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, avait qualifié ce dessin d’« antisémite et condamnable ». Les États-Unis et le Premier ministre britannique, David Cameron, avaient également condamné cette publication, estimant qu’un tel dérapage était particulièrement « honteux et scandaleux » pour un représentant des Nations unies, et avaient appelé sans succès à sa démission.

Par la suite, Falk a multiplié les dérapages anti-juifs. A plusieurs reprises, Le Canada et les États-Unis ont demandé qu’il soit démis de ses fonctions à l’ONU, soulignant le « caractère antisémite » de ses propos.

Israël n’est d’ailleurs pas la seule cible des délires haineux de l’ex-rapporteur de l’ONU. Il donne aussi dans la veine complotiste.

En 2008, ainsi qu’en témoigne cet article du Sun en anglais, il avait réclamé la création d’une commission d’enquête sur l’implication des néoconservateurs américains (traduisez, la droite américaine) dans l’organisation des attentats du 11 septembre.

 

 

Cette thèse du complot du 11 septembre est en fait une obsession chez Richard Falk. En 2004, il avait déjà rédigé une préface élogieuse du livre du journaliste conspirationniste David Ray Griffin The New Pearl Harbor: Disturbing Questions About the Bush Administration and 9/11, qui accusait l’équipe de George W. Bush d’être complice des attentats contre le World Trade Center.

 

 

 

Membre du fan club de l’Ayatollah Khomeiny

En remontant encore un peu plus loin, en 1979, on découvre que Richard Falk faisait déjà partie en 1979 d’un groupe de militants d’extrême-gauche soutenant l’Ayatollah Khomeiny lors de sa prise du pouvoir qui devait conduire à l’instauration de la République islamique iranienne. Falk s’était à l’époque fendu d’une tribune dans le New York Times pour annoncer au du public américain l’avènement en Iran d’un nouveau modèle de société proche du paradis sur terre.

Cette tribune était intitulée « On peut faire confiance à Khomeiny »…

InfoEquitable l’a retrouvée dans les archives du New York Times.

 

 

Idiot utile ou salaud stipendié ?

Avec de telles prises de positions, pas étonnant que l’obscur professeur de droit de l’Université de Princeton ait été remarqué par le lobby arabe. Après des décennies d’efforts, il a été élu en mars 2008 – grâce aux voix des pires dictatures de la planète – « rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 ». Il s’agissait en l’occurrence d’un mandat pour le moins déséquilibré : Richard Falk avait pour unique mission d’enquêter sur les « violations israéliennes », mais en aucune manière sur les violences et exactions commises par les Palestiniens.

 

Associé à Richard Falk, Le Monde promeut la campagne discriminatoire BDS

Retour sur l’article du Monde : à l’issue de cette interview complaisante, Richard Falk annonce son soutien à la « campagne BDS », qui appelle au boycott économique, politique et culturel d’Israël.

« La campagne BDS est un instrument efficace de pression dans une guerre de légitimité », déclare Falk.

Faut-il le rappeler, cette campagne de boycott est au regard du droit français illégale. Elle appelle en effet à sanctionner tout citoyen israélien qu’il soit soldat, civil, commerçant, universitaire, artiste… en le considérant comme responsable de facto et à titre collectif des « crimes d’Israël » et autres imputations fallacieuses montées de toutes pièces par des groupes militants.

« Cette campagne est constitutive du délit d’incitation à la haine et à la discrimination en raison de l’appartenance à une nation », rappelle Me Aude Weill-Raynal, une avocate parisienne qui a plaidé dans de nombreux procès contre BDS. « A de multiples reprises, les tribunaux français, correctionnels, d’appel ainsi que la Cour de Cassation, ont estimé que les militants BDS ont franchi la ligne rouge et ne peuvent ni se prévaloir d’une action politique, ni invoquer la liberté d’expression. Dans une décision, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a confirmé cette jurisprudence. »

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Image : capture d’écran YouTube

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