AccueilVeille médias70 ans d’Israël sur Arte : un documentaire pas objectif – de l’aveu du réalisateur !

70 ans d’Israël sur Arte : un documentaire pas objectif – de l’aveu du réalisateur !

Arte a célébré à sa façon les 70 ans de l’indépendance israélienne, avec deux soirées spéciales. Le programme phare était un documentaire intitulé « Une terre deux fois promise : Israël – Palestine ». William Karel, co-réalisateur de ce film avec son épouse Blanche Finger, ne s’en est pas caché : il voulait donner son point de vue, et « reconnaît que le film n’est pas objectif » !

 

De ce côté là, c’est réussi : entre des omissions essentielles sur l’histoire de la région, qui empêchent de comprendre la légitimité du peuple juif à s’y établir, et les falsifications auxquelles se prêtent les intervenants dont la majorité appartiennent, sur la question israélo-palestinienne, au même courant de pensée, tout est fait pour orienter le téléspectateur et le pousser à tirer une conclusion : les Juifs usurpent la terre du légitime propriétaire que seraient les Palestiniens.

 

Devant la présence massive d’arguments biaisés dans ce film, nous avons choisi d’offrir une analyse en profondeur. Cela la rend un peu longue : mais même une lecture rapide, en survol, permettra aux lecteurs de voir que la chaine publique franco-allemande censée offrir des documentaires historiques s’est livrée (avec la complicité des journaux Libération et L’Obs qui ont promu le programme) à un exercice de désinformation massif. Nous nous devions de le dénoncer.

 

Le film est disponible en replay pendant 60 jours sur le site d’Arte : partie 1 / partie 2.

 

Première partie : jusqu’à l’indépendance

 

 

Une terre deux fois promise ? La formule rappelle bien sûr la promesse faite par Dieu aux patriarches hébreux et à leurs descendants selon la Torah. Tout en la détournant, puisqu’il n’y a pas d’autre texte religieux qui promette cette terre à un autre peuple, et en faisant bien sûr aussi allusion à la dispute actuelle entre Juifs et Arabes autour de ce territoire.

La référence religieuse est étonnante car, tout au long de ses deux heures, le film évite au maximum de parler de religion – sauf pour en fustiger ce qui est dépeint comme une soudaine résurgence lors de la conquête de Jérusalem par Israël en 1967 et chez les « colons exaltés » par l’arrivée imminente du Messie.

Comme dans presque tous les films biaisés sur Israël, les réalisateurs font un choix arbitraire sur la date à laquelle ils remontent pour raconter les événements. La trame du film est celle d’un pays volé par des Juifs venus de loin aux autochtones palestiniens. Pour cela, tout est fait pour ne pas expliquer la signification religieuse mais aussi historique de la terre d’Israël pour les Juifs, qui bâtirent il y a plus de 3000 ans leur temple à Jérusalem et qui eurent un Etat souverain sur ce territoire durant un millénaire pendant l’antiquité. Bien avant que les Romains ne conquièrent la région et, pour en éliminer la trace du peuple juif qui leur avait opposé une féroce résistance, ne décident de renommer la Judée (terme lié au nom « juif ») « Palestine ».

Pas un mot non plus sur l’origine des Arabes, présentés comme les seuls autochtones, alors qu’ils sont venus d’abord, comme leur nom l’indique, d’Arabie. Les Juifs furent établis dans la région bien avant la conquête arabe de 637. D’autres Arabes et musulmans s’établirent à des époques bien plus récentes dans la région, que ce soit sous la domination ottomane ou durant le mandat britannique, où certains vinrent trouver du travail.

 

Un film biaisé de l’aveu même du réalisateur

Avant la diffusion du film, Arte a convié William Karel et Blanche Finger, le couple auteur du reportage.

 

 

William Karel l’avoue sans détour (à 6:50 dans le replay disponible pendant 1 an), les nombreux téléspectateurs qui croient regarder un documentaire font erreur :

 

Sur un sujet pareil qui nous concerne tellement, la moindre des politesses c’était de donner au moins son point de vue, même si on ne le fait pas dans d’autres films. Donc je reconnais que le film n’est pas objectif.

 

William Karel ajoute avoir « essayé de garder du côté palestinien et du côté israélien des témoins un équilibre ». Son épouse définit alors cet « équilibre » : « On a aussi choisi de choisir des journalistes israéliens qui sont extrêmement engagés. Comme Amira Hass, Gideon Lévy… »

« L’engagement extrême » de ces journalistes, qui travaillent tous deux pour le même quotidien Haaretz, penche résolument à l’extrême gauche de l’échiquier politique israélien, et est partagé par la majorité des intervenants israéliens interrogés. Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, est proche de ce courant et plus extrême encore est Shlomo Sand, connu pour ses livres « Comment le peuple juif fut inventé » et « Comment j’ai cessé d’être juif », qui insistent pour couper le lien historique entre le peuple juif et la terre d’Israël : des thèses qui font le bonheur des antisémites mais auxquelles bien peu d’autres Juifs souscrivent.

Dina Porat, l’historienne en chef de Yad Vashem (le mémorial israélien de la Shoah), sauve la mise avec beaucoup de rigueur. Mais, un peu comme dans le récent film d’Amos Gitaï où une ministre et un journaliste centriste avaient servi de faire-valoir, les vérités énoncées par Dina Porat sont mises par les réalisateurs au service d’un récit orienté.

Quant aux Palestiniens interrogés, ils se livrent tous à des distorsions auxquelles les intervenants israéliens d’extrême gauche apportent leur appui. Elias Sanbar, très bon communicant sous son allure posée, déforme l’Histoire à chacune de ses interventions : étant « ambassadeur de la Palestine » à l’Unesco, là même où l’histoire juive a été délibérément niée à plusieurs reprises ces dernières années, il s’y connaît en falsifications.

 

Le leitmotiv : une terre « volée »

Bien sûr, les choses sont dites de manière subtile, ce qui rend le décryptage difficile. Il n’est pas dit textuellement que la Palestine a été volée par les Juifs aux Arabes. Mais c’est le message qui est abondamment distillé, et il est nocif pour les milliers de téléspectateurs européens qui acquièrent une image déformée des Juifs.

Shlomo Sand ouvre le bal des mensonges : « Quand Herzl présente son projet sioniste, tous les rabbins, conservateurs, réformistes, orthodoxes, s’opposent au sionisme. »

 

 

Nombreux étaient les rabbins qui furent d’abord opposés au sionisme, c’est vrai. Mais tous ? Certainement pas ! Citons par exemple le rabbin Samuel Mohaliver, né en 1824 et qui fut l’un des fondateurs du mouvement sioniste des « Amants de Sion »  en Russie.

 

 

Et il n’était pas le seul ! Sans compter que la plupart des courants du judaïsme ont ensuite apporté leur soutien à la création d’un foyer national juif. Shlomo Sand tente de dissocier le sionisme du judaïsme pour saper la légitimité de l’Etat juif qu’il combat. Et il le fait avec des arguments malhonnêtes…

Ensuite, c’est un festival de citations pour tenter de démontrer que les Juifs sont arrivés comme un implant étranger sur la terre d’un autre peuple, sans jamais mentionner les 3000 ans d’histoire juive sur cette terre.

Une citation de l’historienne Anita Shapira désigne l’arrivée des Juifs comme éléments déclencheurs du conflit : « L’une des choses les plus étranges, est que les Juifs disent dès le début « c’est notre pays ». Et les Arabes l’entendent. En fait, au moment où le premier Juif arrive, les prémices du conflit arabo-juif commencent. »

Le retour des Juifs était peut-être surprenant. Mais étrange ? Seulement si l’on ne prend pas en compte leur histoire ancienne dans la région.

 

 

Elias Sanbar va nettement plus loin dans la falsification :

 

Cette histoire est un gigantesque projet pour nous remplacer chez nous.

 

Mensonge effarant : en Israël vivent 20% d’Arabes qui jouissent de tous les droits de citoyens (en plus du privilège de ne pas être astreints à servir dans l’armée). Dans les territoires administrés par l’Autorité palestinienne et à Gaza sous la férule du Hamas, pas un Juif ne peut s’établir. Les Juifs ont accepté le plan de partage de 1947 qui aurait donné aux Arabes un Etat sur une partie du territoire. Les Arabes l’ont refusé car ils pensaient pouvoir s’accaparer l’ensemble du territoire et en chasser les Juifs.

Et nombreux sont ceux qui continuent d’espérer remplacer… les Juifs. Un exemple parmi tant d’autres, ce ministre de l’Education de l’Autorité palestinienne qui inclut tout Israël dans la Palestine « entre la rivière (le Jourdain) et la mer » :

 

 

Il y a tant d’exemples de hauts responsables palestiniens déclarant aujourd’hui encore vouloir chasser les Juifs pour récupérer tout le territoire « de la mer au Jourdain » que la mauvaise foi est patente, tant de la part d’Elias Sanbar que de celle des réalisateurs qui ne peuvent ignorer ces données.

Très malhonnête également, Amneh Badran, professeure d’université palestinienne et auteure notamment d’un livre comparant le sionisme et Israël à l’apartheid en Afrique du Sud, un thème classique de délégitimation utilisé par les adversaires d’Israël.

 

« Vous connaissez le célèbre dicton : « la mariée était belle mais elle était déjà mariée ». Mais ils étaient incapables d’admettre cette vérité. Et ils ont donc inventé leur fameux slogan pour justifier et légitimer leur projet de s’installer sur les terres de la population locale. Ils racontaient au monde entier : « C’est une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». C’était le pire des mensonges », dit-elle.

Cette citation, « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », est largement utilisée par les adversaires du sionisme pour le décrédibiliser. A tel point qu’une étude a été faite à ce sujet. Elle conclut, après avoir cité de nombreuses sources : « Il n’existe aucune preuve qu’elle ait jamais constitué le slogan d’aucune organisation sioniste ou qu’elle était employée par aucun personnage-phare du mouvement. A peine une petite poignée, dans la pléthore d’articles et de livres publiés avant la naissance de l’Etat sioniste l’utilise. Pour une phrase-clé attribuée aux leaders du Sionisme, il est particulièrement difficile de la trouver dans le récit historique. Les Arabes étaient, évidemment, reconnus par les Sionistes et d’autres en tant que peuple qui méritait d’obtenir une souveraineté nationale. »

Autre liberté avec l’Histoire, prise par les réalisateurs :

« Après la première guerre mondiale, « les accords secrets Sykes-Picot signés entre la France et le Royaume-Uni attribuent la Palestine aux britanniques. »

C’est exact. Mais il aurait fallu préciser que la Palestine sous mandat britannique du temps de la déclaration Balfour en 1917 fut amputée après la conférence de San Remo de 1920 de plus de la moitié de son territoire, donné aux Arabes qui y établiraient la Transjordanie, devenue par la suite la Jordanie. On aurait pu dès lors considérer que la « double promesse » avait déjà été tenue et donner la partie restante de la Palestine aux Juifs, mais l’Histoire ne se déroula pas ainsi et les Arabes luttèrent pour ne pas même donner aux Juifs le reliquat de cette Palestine.

 

 

Même les chiffres sont trafiqués. Exemple avec une déclaration d’Amneh Badran (qui parle comme de nombreux autres intervenants de « Palestiniens » pour décrire les Arabes établis en Palestine mandataire alors que ceux-ci se définissaient alors comme « Arabes de Palestine » de même qu’il y avait des « Juifs de Palestine »; le terme « Palestiniens » n’entra en scène que dans les années 60) :

« En 1917, au moment où le gouvernement britannique a adopté le projet sioniste pour fonder une patrie nationale pour les Juifs, en Palestine, les Palestiniens représentaient 98% de la population. »

 

 

Selon de nombreuses sources concordantes (ici, ici, ici), il y avait environ 8% de Juifs en 1917 (et de manière significative, ils étaient déjà depuis longtemps à nouveau majoritaires à Jérusalem, signe de l’importance de cette ville pour eux). L’immigration fit encore évoluer ce chiffre à l’avantage des Juifs dans les années qui suivirent.

Cocasse : c’est Shlomo Sand lui-même qui dément les propos d’Amneh Badran dans la séquence suivante :« Le chiffre le plus fiable date de 1919 (recensement anglais). En 1919 il y avait 700,000 Arabes et 70,000 Juifs. » 

Ecoutez-bien aussi ces propos invraisemblables d’Elias Sanbar, qui évoque une tactique britannique de division pour garder le contrôle. « Les premier acte de la division est un acte d’une perversité absolue. Dans le premier recensement que les Britanniques font, ils créent des catégories qui n’existaient pas dans les recensements. Ils créent une catégorie « Juifs ». Ils créent une catégorie « Arabes ». Et ça a été en permanence cela. Faisons-les se battre les uns contre les autres et nous serons éternellement les arbitres du jeu. »

Quels fourbes ces Britanniques ! Ils ont inventé les Juifs et les Arabes ! Une déclaration si inepte n’a choqué ni les réalisateurs, ni Arte. Incroyable…

 

Le temps des émeutes, la Shoah

Une fois les Arabes présentés comme des dépossédés, et donc en partie excusés pour tout débordement futur, les réalisateurs évoquent correctement les émeutes arabes anti-juives, à partir de 1920. Et en 1929 : « A propos d’un différend entre musulmans et Juifs sur l’accès au mur des Lamentations à Jérusalem. Deux jours plus tard, des rumeurs circulent faisant état d’une attaque imminente de la mosquée al Aqsa par les Juifs ». Ce que les auteurs ne disent pas, c’est que les rumeurs étaient entièrement infondées : bien plus qu’un différend, c’étaient des calomnies visant à susciter des violences contre les Juifs.

Et la narration les excuse en citant un rapport britannique selon lequel ces troubles « découlent de la non réalisation des aspirations politiques et nationales » des Arabes.

Vient ensuite le temps du nazisme auquel sont consacrées 15 minutes. L’horreur est reconnue. Même la collaboration du Grand mufti de Jérusalem Amin Al Husseini avec Hitler est traitée. Dina Porat explique que « Eichmann et le mufti avaient un but commun : se débarrasser des Juifs ».

Mais attention : un peu comme ces « déséquilibrés » qui commettent des attentats en Europe, Elias Sanbar explique à deux reprise qu’il ne pouvait s’agir que de « folie » : « C’est un aveuglement absolu. Cette folie du mufti de Jérusalem qui va se jeter dans les bras de Hitler à Berlin. »« Nous avons payé très très longtemps après le prix de cette déviation folle du mufti de Jérusalem. » Pas question de reconnaître les fondements idéologiques profonds du mufti antisémite qui fut instrumental dans la mise en place de ce qui allait devenir  la « cause palestinienne » contre Israël.

 

Partage, indépendance et accusations d’épuration ethnique

En 1947, l’ONU vote le partage de la Palestine en deux Etats, avec Jérusalem sous contrôle international. Elias Sanbar estime que l’émergence de l’Etat juif était uniquement une « réponse à la barbarie nazie ». Dina Porat, qui sauve plusieurs fois ce film, lui répond très justement : « On dit que la décision a eu lieu à cause de la mauvaise conscience des Occidentaux à cause de la Shoah. Excusez-moi, mais où était votre conscience avant cela ? Tout à coup ils ont des états d’âme ? »

La narration explique, correctement, que « la majorité des Arabes de Palestine et la totalité des Etats arabes voisins rejettent ce plan et toute division de la Palestine. »

Mais aucun tort véritable n’est reconnu par les intervenants qui soutiennent les Palestiniens : après la folie, c’est l’erreur qui est plaidée. Amira Hass et Sari Nusseibeh jugent que le refus arabe sur le partage de la Palestine voté à l’ONU a été « une erreur de leur part ». A propos de la guerre lancée par les Arabes à l’indépendance, Amira Hass répètera cette excuse : « C’est sûr que c’est une erreur de déclarer la guerre lorsqu’on est même pas préparé au combat ». S’ils avaient été prêts, et qu’ils avaient réussi à éradiquer Israël, ce n’aurait pas été une erreur ?

Dina Porat, une nouvelle fois, montre bien que cela allait au-delà de l’erreur : « ils n’étaient pas du tout prêts à vivre à côté d’un pays juif. » Et en 2018 ? Alors que le Hamas envoie sa population à la frontière pour tenter de « retourner » en (c’est à dire d’envahir) Israël, et qu’il professe ouvertement comme d’autres mouvements palestiniens sa volonté de détruire l’Etat juif ? Soit l’erreur persiste, soit l’analyse de Dina Porat reste valable…

Les Arabes ont beau être ceux qui refusèrent un partage avec lequel ils auraient eu un Etat, ce sont les Juifs qui sont présentés dans les séquences suivantes comme les coupables d’un véritable nettoyage ethnique.

Shlomo Sand : « La Haganah a tout fait pour faire pression sur eux, pour leur faire peur, pour qu’ils s’en aillent. » Elias Sanbar : « Il y a tout le temps eu cette question de faire vider les lieux pour y installer des remplaçants. »

Toujours l’idée que les Juifs ont voulu remplacer les Arabes. Le refus arabe du partage était pourtant motivé par la volonté de vouloir une Palestine 100% arabe, sans juifs, alors que les Juifs étaient prêts à partager.

A l’appui de ce récit, l’évocation du « massacre de Deir Yassin » qui, dit Shlomo Sand, « va déclencher la panique ». Souvent évoqué, ce « massacre de civils » semble bien avoir été inventé alors que le village fut en réalité le théâtre d’un combat au corps à corps. Cet article confronte les deux récits (ce que, quitte à en conclure qu’un massacre avait eu lieu, un documentaire sérieux aurait du faire).

Sur cette base, les intervenants affirment que les Juifs ont commis des massacres et terrorisé les Arabes qui furent forcés de s’enfuir. Premièrement, le contraste est fort avec le silence sur des massacres commis par des Arabes contre des Juifs à la même époque.

C’est, surtout, ignorer la responsabilité arabe néanmoins reconnue ensuite dans le reportage. Dès l’indépendance en 1948, « les armées des Etats arabes voisins envahissent l’ancienne Palestine mandataire. La première guerre israélo-arabe a commencé. Des avions égyptiens bombardent Tel Aviv. »

Elias Sanbar n’en démord pas, « Il y avait tout le temps des annonces disant « Si vous partez par la route côtière, vous serez sains et sauf ». » Et Shlomo Sand : « Ils ont été mis dans des camions. Entre Haïfa et Tel Aviv, presque tous les habitants des villages ont été expulsés. » Sans dire par qui…

 

 

L’écrivain Rajah Shehadah laisse cependant entrevoir la vérité : « Les gens se sont sentis en danger (…) Ils ont tous pensé, et c’était le cas de mes parents, qu’ils partiraient de Jaffa, seraient à l’abri, comme le font les gens pendant les guerres, et qu’ils pourraient revenir une fois la guerre finie. Mais ils n’ont jamais pu revenir. »

 

 

Mais Shehadah est lui aussi un écrivain « engagé » : il n’avoue pas qui a donné cet espoir aux Arabes de Palestine.

Une nouvelle fois, Dina Porat apporte l’éclairage nécessaire :

 

Les dirigeants arabes leur ont dit : « Partez. Nous allons gagner et vous reviendrez après ». Car nous allons gagner. Nous récupérerons nos propriétés et nos terres.

 

 

Et en effet, environ 700,000 Arabes durent quitter le territoire qui allait devenir Israël parce que leurs chefs les y avaient poussés. Mais à peine cette vérité prononcée, les auteurs embraient sur l’argument suivant avec le « journaliste engagé » Gideon Levy : « Une personnes qui s’enfuit de chez elle n’a plus le droit d’y revenir ? Le crime est de ne pas les avoir laissé revenir. En période de guerre on se sauve, on se déplace. Pourquoi leur avons-nous tiré dessus quand ils ont essayé de retourner chez eux ? »

Gideon Levy, avec ces mots forts (« crime »), soutient ici le « droit au retour », revendiqué aujourd’hui par les Palestiniens pour submerger et éliminer Israël.

L’un des signes les plus patents de déséquilibre est la différence de traitement entre ce départ des Arabes et celui des Juifs chassés par la Jordanie lors de sa conquête d’une partie de la Palestine à la même époque.

 

A la suite d’une série d’opérations entrecoupées de trêves, les forces israéliennes gagnent militairement sur tous les fronts, sauf à Jérusalem, partagée en deux par la ligne d’armistice qui laisse la vieille ville du côté arabe. La population juive est chassée par les forces jordaniennes.

 

Une seule phrase pour décrire cette épuration ethnique en règle par les Jordaniens ! Aucune citation d’expert pour l’illustrer.

La vieille ville de Jérusalem fut pourtant vidée en 1949 de toute une présence juive, qui avait été continue depuis deux mille ans. Les synagogues furent détruites. Israël perdit 1% de sa population dans cette guerre d’extermination lancée par les Arabes.

Mais comme Israël réussit malgré tout à se défendre, on le dépeint désormais comme une puissance expansionniste : « La Cisjordanie est annexée par le Royaume jordanien et la bande de Gaza occupée par l’Egypte. La Palestine disparaît de la carte politique. En gagnant la guerre, Israël conquiert 26% de territoire supplémentaire par rapport au plan de partage et prend le contrôle de 81% de la Palestine de 1947. »

« La Palestine disparaît de la carte politique » : phrase ambiguë qui laisse croire que le « pays des Palestiniens » a été détruit par Israël. C’est bien sûr la Palestine mandataire qui a disparu parce que les Britanniques avaient décidé de se retirer.

 

Message subliminal

La première partie du documentaire se conclut après un message d’Elias Sanbar, décidément le plus articulé des promoteurs de la « cause palestinienne » dont il est ambassadeur, à propos des réfugiés arabes de 1948 :

 

Ajoutez à cela le fait qu’en 1948 l’Europe est sillonnée de millions de personnes déplacées… Alors, déplacer 800,000 Palestiniens… Des autochtones, comme on disait à l’époque… Quel problème ?

 

Les Palestiniens, des autochtones ! La boucle est bouclée. Les Juifs présentés depuis le début comme un corps étranger, au mépris de leur histoire millénaire, sont des usurpateurs. Comme Mahmoud Abbas qui prétend que les Palestiniens descendent des Cananéens (un peuple présent dans la région il y a 3000 ans qui a depuis longtemps disparu) pour se donner une antériorité sur les Juifs, Elias Sanbar s’accapare le statut d’autochtone auquel les Juifs sont pourtant des prétendants très sérieux.

Un clip du célèbre chantre de la cause palestinienne Mahmoud Darwish, sur fond de folklore et au refrain de « On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine… Palestine », vient clore en forme de message subliminal ce premier épisode en arrière-plan du générique…

 

Seconde partie : les « voleurs » de la terre des autochtones deviennent des « occupants »

La seconde partie du reportage s’ouvre sur l’immigration juive après la guerre. Ignorant d’abord que la moitié des immigrants de ces années-là venaient du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (ne correspondaient-il pas à l’image de « colons européens » que l’on souhaite projeter ?), le narrateur explique : « C’est le début d’une très importante immigration en provenance d’Europe, un véritable raz de marée ».

Après la longue partie dévolue aux réfugiés arabes du conflit, le reportage se penche enfin – mais en y consacrant bien moins de temps – sur les réfugiés juifs chassés des pays arabes à cette même époque. « La situation des Juifs des pays arabes s’aggrave à la suite d’émeutes et de politiques ouvertement antisémites ». « L’essentiel des membres de la communauté juive du monde arabe, soit plus de 850,000 personnes, fuient ces pays. Parmi eux, 600,000 émigrent en Israël », détaille Dina Porat.

L’accent est mis sur l’intolérance, le « racisme », des Juifs européens établis en Israël envers leurs frères d’Orient qui arrivèrent (Gideon Lévy : « Les Juifs d’Afrique du Nord et des pays arabes (…) ont subi des choses affreuses. »). Un phénomène qui a bel et bien existé, et qui n’est pas l’épisode le plus glorieux de l’histoire du pays. Mais au final, après ces débuts difficiles, force est de reconnaître que la société israélienne a fini par intégrer et s’enrichir de ces nouvelles populations.

Bien mieux en tout cas que ne l’ont fait les sociétés arabes qui ont maintenu leurs réfugiés dans le dénuement, comme l’explique justement Elie Barnavi :

 

Si une grande partie de ceux qui ont quitté cet endroit n’ont pas trouvée leur place ailleurs, c’est aussi parce que les pays qui les ont accueillis ne leur ont pas permis de s’y faire une place.

 

Dina Porat précise : « Ils ne les ont pas intégrés. Ils les ont mis dans des camps de réfugiés. Les Palestiniens sont les seuls dont le statut de réfugié se transmet d’une génération à l’autre ». Avec la fameuse UNRWA, agence qui prend en charge les « réfugiés palestiniens » alors que tous les réfugiés des autres conflits du monde dépendent du HCR, le Haut-Commissariat aux réfugiés.

Elie Barnavi : « Ils leur ont refusé toute forme d’intégration pour des raisons qui leur sont propres mais aussi pour garder éternellement vivace la question palestinienne. C’était bien sûr une arme diplomatique et morale contre l’Etat d’Israël. » Et ça l’est toujours !

 

L’irruption des « Palestiniens »

Comme l’explique Elie Barnavi, c’est en 1964, lors d’un congrès entre le roi Hussein de Jordanie et le président égyptien Nasser, que « la question palestinienne devient centrale pour unifier le monde arabe ». On ne parlait pas de « Palestiniens » pour désigner les Arabes de Palestine auparavant.

Le narrateur explique : « Nasser va imposer le Palestinien Ahmed Choukeiri comme premier président de l’OLP, l’Organisation de Libération de la Palestine. Le moyen d’action envisagé par l’OLP est la lutte armée ».

Palestinien ? A l’instar de son successeur Yasser Arafat né au Caire, Choukeiri était né au Liban du temps de l’Empire ottoman, avait représenté la Syrie à l’ONU de 1949 à 1951, puis plus tard été ambassadeur d’Arabie saoudite à l’ONU, de 1957 à 1962…

« C’est le début du terrorisme palestinien », concède le narrateur – après avoir laissé Rajah Shehadah excuser ce terrorisme en le présentant comme une défense (argument classique que l’on retrouve tant de fois dans la presse lorsqu’elle évoque une « résistance palestinienne ») : « Notre exode n’avait pas été une simple défaite. C’était une tentative de démolir toute existence palestinienne. Et quand vous tentez de démolir quelqu’un, que vous le mettez dos au mur, il se défend ».

 

L’antisémitisme arabe à la veille de la guerre des Six-Jours

Le casus belli égyptien, avec le blocus du détroit de Tiran, a été correctement décrit : c’est au crédit du reportage car il est fréquent de voir ce point ignoré. Et les réalisateurs ont été très ouverts sur l’antisémitisme et la haine des Juifs généralisés dans le monde arabe à la veille du conflit. « Dans chaque carrefour du Caire, on procède à des pendaisons symboliques de Juifs ».

 

 

Mais cette transparence sur l’antisémitisme débridé du monde arabe de l’époque sert ensuite faire passer les Israéliens pour des « paranos » qui ne risquaient rien face à ces mots et mises en scènes sans importance venant d’Arabes militairement inférieurs.

Après la « folie » du mufti de Jérusalem ami d’Hitler, après « l’erreur » de l’attaque arabe de 1948 contre Israël, Elias Sanbar trouve une nouvelle excuse : Nasser se serait « fait piéger » par les Israéliens. « Nasser s’est fait royalement piéger. Il a pensé pouvoir en parler (de la guerre) sans la faire). Ils l’ont bien roulé, Nasser ».

Le film montre la diffusion d’une « chanson (« égorge, égorge ») qui est un véritable appel à tuer tous les Israéliens, au meurtre de Juifs » sur les radios du Caire. » Le commentateur ajoute : « Le mot d’ordre d’Ahmed Choukeiri, le leader palestinien, « Les Juifs à la mer » est plus modéré ». Quelle modération… A noter que ce genre de discours antisémites est toujours très présent dans les médias palestiniens. Mais le film n’en dira rien, comme s’il parlait d’une haine confinée au passé.

La haine antisémite du monde arabe n’est donc pas cachée (« On entend plusieurs fois à la télévision et à la radio les mots « exterminer Israël ». Le terme « exterminer » fait allusion à l’Holocauste. »). C’est à l’honneur des réalisateurs. Mais tout cela est ensuite présenté comme exagéré.

Certains analystes israéliens sont en désaccord avec ja journaliste Amira Hass, qui en profite pour attaquer « le gouvernement » (sous une forme générique qui laisse entendre que le gouvernement actuel n’est pas davantage digne de confiance) : « On a découvert que nos autorités militaires et nos dirigeants savaient très bien que notre existence n’était pas menacée (…). Le fait que l’on ait utilisé cette peur en dit long sur le gouvernement israélien. »

 

La guerre de défense présentée comme une soif de conquête des Juifs d’Israël

Pour Nurit Peled-Elhanan, « la faiblesse de l’armée égyptienne était une opportunité pour l’attaquer et conquérir des territoires. » Elle cite son père, un général, qui disait qu’il n’y avait jamais eu de menace d’extermination. Son point de vue existe mais il est loin d’être représentatif des Israéliens. Sur Wikipedia, Matti Peled est d’ailleurs décrit comme « un membre de la Knesset qui a souvent exprimé des vues controversées considérées « d’extrême gauche » en termes israéliens » et sa fille est de la même tendance.

A la fin de la guerre, Israël prend Jérusalem aux Jordaniens qui l’occupaient depuis 19 ans. « Il n’était pas dans l’intérêt d’Israël d’occuper la Cisjordanie à cause de sa nombreuse population, et encore moins Jérusalem. » Il existe pourtant de nombreux Israéliens qui pensent que le contrôle de la Cisjordanie (Judée Samarie), région de collines surplombant la très proche plaine côtière où vit la majorité de la population israélienne, est vital pour la sécurité du pays. Quant à Jérusalem, sa signification pour le judaïsme ne peut être niée, même par les plus laïcs des Israéliens.

Pour qui douterait encore du biais des intervenants, Amira Hass évoque sa jeunesse en ces termes : « Malgré ma bonne éducation communiste, … ».

 

 

La même éducation que les réalisateurs ? France Inter explique que William Karel fut autrefois journaliste pour un journal d’extrême-gauche

 

« L’Occupation »

A ce stade, tout téléspectateur averti a compris que le film se finirait sur « l’occupation israélienne », source de tous les maux dans une région peuplée de Palestiniens opprimés (et pacifiques, dont le film n’a pas évoqué un seul instant l’éducation à la haine des Juifs dans les écoles ou l’encouragement du terrorisme par leurs instances politiques). Sans rappeler qu’Israël s’est depuis retiré du Sinaï, du Sud-Liban, de Gaza, et a remis l’administration des villes de Cisjordanie à l’Autorité Palestinienne.

Après 1967 apparaissent donc « les premiers colons, quelques dizaines de militants nationalistes religieux exaltés », pour qui la victoire et surtout la libération du Mur des Lamentations est un miracle annonçant la venue du Messie. La première « colonie » est créée près de Hébron – dont le film ne rappelle pas qu’une très ancienne communauté juive établie près de l’important lieu saint juif du Tombeau des Patriarches avait été chassée par les Jordaniens en 1949.

Gideon Levy peut maintenant asséner : « Soudain, en 1967, nous sommes devenus une société occupante, colonialiste. »

Si vous reconnaissez le vocabulaire “anti-colonial” que pourrait utiliser l’extrême gauche en France, c’est peut-être que vous regardez un film d’extrême gauche… Un « colon juif » qui arrive sur la terre qui a vu naître le peuple juif et se développer sa culture il y a 3000 ans n’est pourtant pas tout à fait la même chose qu’un colon français qui débarquait au Sénégal ou au Québec où aucun de ses ancêtres, même lointain, n’avait jamais vécu.

En 1969, Arafat devient président de l’OLP. Le film rappelle à juste titre que la Charte nationale palestinienne définit le but de l’organisation : « l’anéantissement d’Israël par la lutte armée ».

Amira Hass : « Golda Meir a dit beaucoup de bêtises, par exemple que les Palestiniens n’ont jamais été un peuple. » Si Golda Meir a dit des bêtises, il y en a sans doute de plus graves. Nous avons vu qu’avant 1964, les Palestiniens ne se définissaient pas comme un peuple à part. Cela n’empêche pas qu’ils puissent le vouloir dorénavant, peut-être en réaction au retour du peuple juif (des peuples sont nés à différents moments de l’Histoire), mais il faut reconnaître la réalité.

La fin du reportage approche et les masque tombe, dévoilant le parti pris au grand jour : « C’est au début des années 1970 que les forces d’occupation commencent à expulser les Palestiniens de leurs terres et à construire des colonies. »

 

 

Aucun journal occidental sérieux ne décrit l’armée israélienne sous le terme de « forces d’occupation ». Seuls des médias de propagande palestinienne, ou des médias de pays arabes, le font…

Gideon Levy affirme aussi à tort : « Les Israéliens pensent que si on ne parle pas de l’occupation, elle n’existe pas. C’est à une demi-heure de chez nous, et malgré cela la plupart des israéliens n’y sont jamais allés. »

C’est inexact. Premièrement, de nombreux Israéliens sont obligés d’aller dans les « territoires » lorsqu’ils servent dans l’armée. Et ils racontent à leurs proches ce qu’ils y vivent. Israël est un petit pays et l’information circule. Deuxièmement, les civils israéliens n’ont tout simplement pas le droit d’accéder à la zone A de Cisjordanie sous contrôle civil et sécuritaire de l’Autorité palestinienne (qui comprend toutes les grandes villes palestiniennes). Quand un Israélien se perd dans un village palestinien, il peut à tout moment se faire attaquer par la foule…

 

 

L’omission d’Oslo

Vous ne saurez rien sur les accords d’Oslo, une omission caractéristique de tous les reportages qui veulent présenter Israël comme un occupant coupable. Ils sont pourtant toujours en vigueur et déterminent les relations entre Israël et les Palestiniens en Cisjordanie (Judée Samarie). On ne peut rien comprendre à la situation sans parler des accords d’Oslo. Et pourtant, en deux heures, le film parvient à éviter ce sujet. La présence d’Israël, et notamment son administration de la « zone C », est prévue par ces accords signés avec les Palestiniens et qui fonctionnent toujours. On peut souhaiter une autre situation, mais ce n’est pas une « occupation ».

Elias Sanbar le sait bien. Il sait aussi que les Palestiniens ont refusé plusieurs accords de paix (notamment en 2000, en 2008…). Et pourtant il rejette tous les torts sur l’autre partie : « Nous avons négocié pendant 25 ans, sans aboutir. Les négociations n’ont pas abouti parce que la colonisation n’a pas arrêté de se développer. Un quart de siècle ! Et regardez les résultats. »

L’excuse de la « colonisation » est tellement commode pour éviter l’introspection (avez-vous remarqué que pas un seul reproche n’est fait aux Palestiniens dans ce film, tout juste reconnaissent-ils des « erreurs » ?).

On sent poindre l’étape suivante du combat contre Israël avec l’annonce, par Gideon Levy et Sari Nusseibeh, de l’abandon de la « solution à deux Etats » en faveur d’un futur « Etat unique » partagé (et donc plus juif…), déjà évoquée dans certains médias.

Sari Nusseibeh affirme : « A Jérusalem-Est d’où je viens, aucun de nous n’a de citoyenneté. Nous n’avons pas de
passeport
. Nous les Palestiniens, nous sommes citoyens de nulle part. »

Un pur mensonge : des milliers d’Arabes de Jérusalem « Est » font chaque année une demande de citoyenneté israélienne et l’obtiennentIls ne sont pas citoyens de nulle part.

 

 

Et que dire de l’iconographie du portrait de Sari Nusseibeh sur un fond mélangeant l’ancien leader terroriste Yasser Arafat, les clés symboles du “droit au retour” conçu comme une arme géographique contre Israël, et le peace and love ?

Elias Sanbar « l’autochtone » se livre lui à une dernière réflexion : « Est-ce que je reviendrai un jour en Palestine ? Non, c’est trop tard. Pour ma génération c’est trop tard. Ma Palestine n’existe plus. Nous avons eu le sentiment qu’on nos avait effacés, puisqu’on disait que ça n’avait jamais existé. Nous avons été mis à la porte. Nous avons été jetés aux frontières. Et ce qui est arrivé est arrivé. Personne ne pourra l’effacer. »

 

Conclusion

Après cette longue analyse, nous avons quant à nous le sentiment que c’est le point de vue israélien (pas celui des intervenants choisis représentant pour la plupart une vision marginale dans le pays) qui a été largement effacé de cette émission. Beaucoup d’Israéliens aimeraient une meilleure entente avec les Palestiniens, certains seraient même d’accord pour qu’Israël leur cède des territoires, mais rares sont ceux qui se voient comme des « envahisseurs » sur la terre d’un autre peuple qui serait le seul et unique vrai autochtone. A part Dina Porat qui a redressé une partie des torts du film, ils n’ont pas été consultés et c’est bien dommage.

Les omissions (l’histoire juive millénaire, les accords d’Oslo, la responsabilité palestinienne dans le recours au terrorisme…) sont trop nombreuses pour fournir une vision objective. Le film se conclut sur un rappel emblématique : alors que Théodore Herzl a été enterré à Jérusalem après la fondation de l’Etat juif qu’il avait provoquée, sa fille cadette est morte dans le camp de concentration de Theresienstadt… Comme si Israël n’existait qu’à cause de la Shoah, et que les Palestiniens subissaient en quelques sortes les retombées des malheurs du peuple juif. Une idée fausse, car les Juifs ont une légitimité historique certaine à vivre sur cette terre.

Mais William Karel l’a avoué, il n’a pas cherché à être objectif. Il a très bien réussi en ce sens. Quant à Arte, qui a co-produit et diffusé le film (avec des subventions de l’Union européenne), sa nature de média public devrait la contraindre à plus d’objectivité. Mais la plupart des émissions récentes qu’elle a consacrées à Israël démontrent un parti pris qui ne s’est, une nouvelle fois, pas démenti…

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Derniers commentaires
  • A chaque fois qu’Arte diffuse une émission sur la shoah, l’antisémitisme, la 2ème guerre mondiale, attendez vous à une émission pour cracher sur Israël: soit documentaire soit film style Amos Gitaï montrant de préférence les traits “sombres” obscurantistes d’Israël; films excellents souvent : je pense par exemple au Divorce de Viviane Amsallem qui montre “l’archaïsme, l’obscurantisme” du rabbinat et par ricochet du judaïsme. Ça c’est Arte.

  • Autrefois j’aimais beaucoup cette chaîne riche en émission sur l’art, en films, en discussion… Mais depuis l’époque du terrorisme anti-israélien tout a changé. Le canal est devenu ouvertement antisémite justifiant la terreur contre les Juifs. Fini les beaux jours, j’ai perdu son adresse !!!!!!

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