AccueilVeille médiasL’AFP offre des « clés pour comprendre le conflit israélo-palestinien ». Attention, ce sont des fausses !

L’AFP offre des « clés pour comprendre le conflit israélo-palestinien ». Attention, ce sont des fausses !

Un certain Joseph Dyke s’est employé, le 13 janvier 2017, à préparer les esprits en vue de « l’initiative pour la paix au Proche-Orient ». Qui est ce correspondant AFP ? D’où écrit-il, idéologiquement ?

 

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Monsieur Dyke appartient à IRIN (Integrated Regional Information Networks), qui revendique « une connaissance approfondie du secteur humanitaire pour offrir des articles et des analyses multimédias depuis des « points chauds » situés dans plus de 70 pays » grâce à laquelle elle peut « alerter le public et la communauté humanitaire avant la survenue des crises et les garder informés pendant leur déroulement, grâce à des articles publiés « en français, en anglais et en arabe. »

On comprend bien que le site d’IRIN soit bilingue anglais-français, mais puisqu’il « couvre les crises qui touchent l’Afrique, l’Asie, le Moyen-Orient, l’Europe et les Amériques », le choix de la troisième langue laisse transparaître un a-priori influençant nécessairement le contenu des articles, ce ne sont pas Salman Rushdie, Theo van Gogh ou les dessinateurs de Charlie Hebdo qui nous contrediront sur ce point.

 

Une image pour mille maux

Pour qu’un article attire l’œil, il faut une image. Celle choisie par l’AFP est légendée : « Des manifestants palestiniens lancent des pierres sur des soldats israéliens lors d’accrochages après le démontage d’une section de la clôture de sécurité entre Israël et l’est de la bande de Gaza, à Bureij » et elle date du 13 octobre 2015.

Mais on n’y voit que les Palestiniens, pas leurs sauvages agresseurs ! Il n’y a rien de plus violent pour montrer les Palestiniens en Gavroche et les Israéliens en nazis ?

Nous vous proposons celle-ci, même époque (17 juin 2015), dans The Algemeiner

 

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Le rapport des forces entre David et Goliath crève les yeux. Mais beaucoup moins sur une autre photo des deux mêmes protagonistes, prise quelques minutes avant :

 

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Eh oui, il s’agit d’acteurs qui tournent une saynète de propagande dont Pallywood est le premier producteur mondial.

Qu’à cela ne tienne, on a mis le lecteur dans les bonnes dispositions pour s’identifier à cette courageuse jeunesse résistante, maintenant donnons-lui les arguments :

 

Jérusalem (AFP)

La France réunit dimanche les représentants de dizaines de pays pour tenter de ranimer l’effort de paix moribond entre Israéliens et Palestiniens. Quelques clés pour comprendre l’un des conflits les plus inextricables de la planète, et les enjeux de la conférence.

 

Pourquoi le conflit ?

Le conflit remonte dans sa forme moderne à 1947 quand les Nations unies ont proposé la création de deux Etats, l’un juif et l’autre arabe, sur la Palestine sous mandat britannique, provoquant une éruption de violences entre Arabes et juifs, puis la première guerre entre Etats arabes et israélien au moment de la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948.

 

Voilà une présentation sobre des faits, pourrait-on penser. « Une éruption de violences entre Arabes et juifs, puis la première guerre entre Etats arabes et israélien au moment de la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948 », ça laisse le lecteur libre de comprendre ce qui est écrit, c’est-à-dire que cette « éruption » est aussi indépendante de toute action humaine que celle d’un volcan.

Les journaux de l’époque n’avaient pas le même détachement condescendant vis-à-vis des faits… ou de leurs lecteurs. Ils n’hésitaient pas à appeler un chat un chat et un assaillant un agresseur. Témoin, le New York Times du 3 décembre 1947, qui parle d’Arabes armés et de Juifs « qui répliquent », et aussi de « sages musulmans appelant au devoir de guerre sainte pour contrer la partition de la Palestine ».

 

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“Jérusalem déchirée par les émeutes; les Arabes utilisent des couteaux, déclenchent des incendies: les Juifs répliquent, la Haganah en action” – “Des sages musulmans appellent au devoir de guerre sainte pour contrer la partition de la Palestine”

 

Citons aussi L’Intransigeant du 15 mai 1948 : « les Arabes envahissent la Palestine »

 

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et l’Humanité de la même date : « La ‘’Légion’’ transjordanienne, contrôlée par les Anglais, attaque les villages juifs et démontre à Kvar-Izion que l’armée juive (la Haganah) n’est pas encore prête pour faire face effectivement aux forces mécanisées commandées par des officiers anglais… C’est cette situation militaire très dangereuse qui rehausse l’initiative du peuple juif affirmant son indépendance. »

 

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En 2017, l’AFP a une bien curieuse manière de choisir les « clés pour comprendre l’un des conflits les plus inextricables de la planète ».

Soit elle prend ses lecteurs pour des érudits qui savent déjà tout, mais alors pourquoi cette redondance ? Soit elle les considère comme des ignares décervelés qu’il faut empêcher de mettre en doute le casting qu’on leur a imposé depuis 1967 : « les gentils sont les Palestiniens, les méchants sont les Juifs, tu n’as pas besoin d’en savoir plus, Coco, allez, va manifester, vite ! »

Le militant de l’IRIN qui signe son article n’est pas plus explicite quant aux responsabilités du déclenchement de la Guerre des Six-Jours :

En 1967, lors de la guerre des Six Jours, Israël a saisi par les armes la Cisjordanie et Jérusalem-Est, alors sous contrôle de la Jordanie, ainsi que la bande de Gaza, sous administration égyptienne. Il a depuis annexé Jérusalem-Est, site de lieux saints révérés par les chrétiens, les juifs et les musulmans.

D’abord les chrétiens, puis les juifs et enfin les musulmans. La chronologie ? Quoi, la chronologie ? Quelle importance ? Ils râlent encore de ne pas avoir été nommés en premier, ces juifs ?

La façon biaisée dont les événements étaient relatés en début d’article laissait supposer que l’auteur ne manquerait pas de rejeter la responsabilité de cette guerre sur Israël.

C’était d’autant plus facile qu’en effet, Israël a déclenché cette guerre en annihilant l’aviation égyptienne après que Nasser, le leader égyptien, eût fermé le détroit de Tiran à la navigation israélienne (un casus belli, aux termes de la Loi de la Mer du 27 avril 1958) et que l’ONU eût retiré ses casques bleus à la frontière israélo-égyptienne pour lui permettre de mettre en œuvre son programme officiel : « effacer Israël de la carte du monde », avec ses alliés syriens, libanais, algériens, marocains, koweïtiens, saoudiens, irakiens et jordaniens. Le président de l’OLP, Ahmed Choukeiri avait déclaré, le 30 mai : « Il n’y a pas de moyen terme, rien ne sera accepté en dehors d’une libération. En cas de conflit, il ne restera pratiquement pas de survivants juifs en Palestine. »

 

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Nasser

 

Ce qui n’avait pas été prévu par tout ce beau monde gorgé de sa propre propagande selon laquelle les Juifs étaient de misérables pleutres, c’est que le 5 juin au matin, l’armée israélienne passe à l’offensive et anéantisse toutes les armées arabes qui l’encerclaient. Israël s’est retrouvé vainqueur, occupant le Sinaï, Sharm el Sheik, la bande de Gaza, les hauteurs du Golan et la Cisjordanie.

Des survivants juifs, il en est resté, suffisamment pour qu’ils sauvent à nouveau leur patrie, de justesse, en 1973, alors que cette fois-là, l’attaque surprise provenait des armées arabes.

Le militant de l’AFP l’admet du bout des lèvres :

Israël a affronté une nouvelle fois une coalition de pays arabes conduits par l’Egypte et la Syrie lors de la guerre du Kippour en 1973.

Israël continue à occuper la Cisjordanie mais a évacué unilatéralement en 2005 la bande de Gaza, dont le mouvement islamiste palestinien Hamas a pris le contrôle par la force en 2007.

Le conflit a donné lieu à de multiples tentatives de paix. La solution de référence de la communauté internationale est la création d’un Etat palestinien qui coexisterait en paix et sécurité avec Israël.

 

« Eclairage » en journaliste dans le texte

Combien de guerres dans le monde se sont conclues par un vainqueur proposant (via l’ONU) de restituer tous les territoires conquis en ne demandant en échange qu’un traité de paix ? Réponse, un seul : Israël.

Combien de vaincus ont refusé de s’asseoir à la table des négociations et de discuter les termes de sa reddition avec son vainqueur ? Réponse, un seul : la Ligue Arabe, parlant, comme son nom l’indique, au nom de tous les Etats arabo-musulmans.

 

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Dans ces circonstances, un Martien amateur d’histoire humaine ne manquerait pas de faire remarquer qu’il était urgent de forcer les boudeurs à négocier, ou à défaut, de leur imposer la solution voulue par le vainqueur, comme cela a été fait dans la totalité des autres conflits terriens.

Les Martiens ignorent que la Terre est dirigée en fonction d’idéologies irrationnelles et que la raison n’est pas la bienvenue dans les négociations ou dans les médias.

D’où la suite de l’article AFP, qui fait comme si les faits n’existaient pas, ni les lois en matière de traités de paix :

 

Le règlement du conflit se heurte à des querelles qui paraissent de plus en plus insolubles pour certaines : la sécurité d’Israël, le tracé des frontières, le statut de Jérusalem, le droit au retour des réfugiés palestiniens ayant fui ou été chassés de leurs terres.

 

Que la sécurité d’un des adversaires ne soit pas évaluée de façon identique par son ennemi mortel, cela se conçoit. Il en va de même pour le tracé des frontières, lequel n’a jamais pris en compte les desiderata du vaincu dans les milliers de conflits précédents sur la planète.

En revanche, que le statut de la capitale du vainqueur fasse débat ne doit pas manquer d’intriguer notre lecteur martien.

Les puissances coloniales qui se sont partagées le Moyen-Orient à la chute de l’Empire Ottoman, en 1917, ont tracé des frontières à la hache (et à la règle) sur des territoires où évoluaient essentiellement des nomades et qui étaient en proie à des guerres tribales innombrables et ininterrompues. Ils ont créé de toutes pièces le Liban, la Palestine, la Jordanie et ont donné des frontières géométriques bien propres aux autres acteurs régionaux.

 

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Et puis ils se sont gardé un joujou-bijou : Jérusalem, qui devait être administrée par la « communauté internationale ». En réalité, ce « berceau des trois monothéismes », dont les dirigeants du monde entier semblent avoir oublié l’ordre d’apparition au cours de l’histoire, s’est trouvée, de 1948 à 1967, sous domination jordanienne.

Qu’est-ce que ça change ? Pour le premier des trois monothéismes, cela signifiait une interdiction absolue de venir prier dans ses lieux saints, les vestiges du Temple de Salomon, les tombeaux des Patriarches. Pour le second monothéisme, c’était moins drastique : Bethléem et Nazareth se dégradaient faute de soins, mais ils étaient encore accessibles aux touristes occidentaux baptisés.

 

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En 1967, changement de casting : les Juifs gagnent la guerre contre cinq armées coalisées et ils reconquièrent Jérusalem.

Qu’est-ce que ça change ? Pour le troisième monothéisme, rien : il a toujours la garde de ses lieux saints et son vainqueur, qui s’interdit de fouler au pied cette partie du territoire qu’il a conquise, finance cependant la maintenance des lieux.

Pour les chrétiens, les lieux saints de Jérusalem sont réhabilités, leur entretien financé et leur liberté de culte garantie.

Quant aux juifs, ils peuvent maintenant prier sur ceux de leurs lieux saints qui ne sont pas dans les « territoires occupés », dont ils sont les occupants, s’entend, parce que les occupés exigent que leur habitat soit 100% Judenrein.

Alors tout le monde doit être content, conclut l’innocent Martien qui a, décidément, tout à apprendre de la psychologie terrienne, à commencer par le virus de l’antisémitisme, résistant à tous les arguments rationnels, historiques ou simplement humanistes.

Petit schéma explicatif à l’intention de nos lecteurs martiens :

 

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Le serrurier qui nous ouvre les portes de la compréhension des conflits du Proche-Orient fait abstraction de cette donnée élémentaire et il continue donc son article, impavide, comme si cette conférence visait vraiment à faire la paix entre deux adversaires qui n’y sont pas présents.

Une large part de la communauté internationale s’inquiète du fait que la solution à deux Etats ne soit plus qu’un souvenir. La conférence de Paris vise à la ranimer.

Des discussions dans l’impasse

déplore-t-il.

Les Palestiniens disent que des années de négociations bilatérales avec Israël n’ont servi à rien. Ils ont choisi d’internationaliser leur cause.

Il n’est pas interdit de remarquer que Mahmoud Abbas a été élu Président pour 5 ans il y a 12 ans. Les Territoires palestiniens avaient vocation à devenir un Etat si le processus d’Oslo, signé en 1993, avait continué d’être mis en œuvre. En attendant, Mahmoud Abbas est à la tête d’un Etat de facto avec sa police, son gouvernement, son budget entièrement couvert par la solidarité internationale, sa constitution sous forme de « loi fondamentale », aux termes de laquelle la religion officielle des territoires est l’islam et la législation palestinienne basée sur la charia.

Qu’est-ce que ça change ?

Jusqu’en 1993, année où le Processus d’Oslo a transféré l’administration d’une partie des Territoires disputés aux Palestiniens, 20% des habitants de Bethlehem étaient chrétiens. En 2016, ils n’étaient plus qu’un peu moins de 2%. Une grande part de ceux qui ont fui les Territoires palestiniens ont simplement émigré du côté israélien de la Ligne Verte. Hasard ou coïncidence ?

Pour reparler au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président palestinien Mahmoud Abbas exige un arrêt de la colonisation dans les territoires palestiniens, parmi d’autres conditions.

M. Netanyahu refuse toute condition préalable mais il réclame que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un Etat juif. Les Palestiniens refusent de crainte de sacrifier le droit au retour des réfugiés.

Ce paragraphe demande un décryptage rigoureux : M. Netanyahu réclame que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un Etat juif. Au bénéfice de notre lecteur martien, remplaçons le terme « Juif » par un autre.

« Monsieur de Gaulle exige des Allemands qu’ils reconnaissent la France comme un Etat français. » Non, non, ne riez pas Monsieur le Martien : la plupart des antisémites font semblant de ne pas savoir que le peuple juif est un peuple et quand ils disent « l’Etat Juif », ils pensent… Que pensent-ils, d’ailleurs ?

Etymologiquement, il faut remonter au schisme qui a suivi la mort du roi Salomon, en 931 avant Jésus-Christ, quand le royaume a été divisé en deux : le royaume de Juda, avec pour capitale Jérusalem et pour rois les descendants de David et le royaume d’Israël, capitale Samarie, gouverné par des petits rois de dynasties diverses.

 

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Jusqu’alors, les Juifs se désignaient eux-mêmes du nom d’Israël, aussi bien dans le domaine de la liturgie que de la littérature : peuple d’Israël, fils d’Israël. Mais le nom ne correspondait plus au royaume de Juda, dont les citoyens se sont appelés « habitants de la Judée » ou Judéens. C’est l’origine étymologique du mot « Juifs ».

Le peuple juif a été créé, à son origine, autour d’une religion, le judaïsme, mais aujourd’hui, il ne se définit plus uniquement par ce critère. Il y a, en Israël et dans la diaspora, une forte proportion de juifs athées qui se reconnaissent comme juifs et répondent à la définition d’un peuple : un groupe social constitué de personnes qui partagent les mêmes caractéristiques, le même mode de vie, la même culture, la même langue, les mêmes intérêts et qui ont un sentiment commun d’appartenance à ce groupe.

L’exigence du vainqueur de voir son identité reconnue par le vaincu n’est pas une extravagance, c’est au contraire le minimum exigible pour pouvoir entamer une négociation sereine.

Mais quand le vaincu a bien l’intention d’envahir le vainqueur sitôt le traité de paix signé, sous réserve que la communauté internationale lui demande poliment de passer par cette formalité, il n’a pas intérêt à être trop précis sur les mots qui pourraient l’engager.

Monsieur Joseph Dyke de l’AFP et d’IRIN réunis a tout à fait raison de remarquer que cela pourrait « sacrifier le droit au retour des réfugiés. »

Mais quel est l’intérêt de réclamer un Etat si l’on a l’intention de faire venir toute sa population dans l’Etat voisin ? Car les « réfugiés » palestiniens d’aujourd’hui, au nombre de 5 millions selon les chiffres de l’ONU, sont les seuls au monde dont le statut se transmet de père en fils, même par adoption. Ils étaient 750 000 en 1948 et si leur nombre a été multiplié par plus de 7 en 70 ans, ce n’est pas à cause de conflits ultérieurs à la Guerre d’Indépendance qu’ils ont lancée contre Israël nouveau-né. C’est uniquement grâce à la démographie. Un bébé qui naîtra dans 200 ans dans une famille prospère installée en Suède ou aux Etats-Unis depuis 15 générations aura le statut de « réfugié palestinien » et Mahmoud Abbas estime qu’il pourra donc légitimement revendiquer le domicile qu’un de ses aïeux aura occupé pendant deux ans, du 1er juin 1946 au 15 mai 1948. Vous ne me croyez pas, ami Martien ? Allez voir sur le site de l’ONU, ici : https://www.unrwa.org/palestine-refugees

 

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Si on ignore le statut unique des réfugiés palestiniens par rapport à tous les autres réfugiés terriens, on perçoit mal l’importance de l’enjeu de cette reconnaissance du statut juif de l’Etat du même nom pour le peuple éponyme. Et l’on peut renvoyer dos à dos défenseur vainqueur et agresseur vaincu. Dont acte :

Pour les deux, des facteurs intérieurs rendent toute concession ardue. M. Netanyahu est à la tête d’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël. Certains membres sont ouvertement opposés à un Etat palestinien et défendent ardemment la colonisation.

M. Abbas n’a lui aucun contrôle sur la bande de Gaza, où le Hamas refuse de reconnaître Israël. Il est également largement déconsidéré auprès des Palestiniens.

 

Encore une petite explication de texte ?

Alors, dans l’esprit du lecteur français, on a travaillé dur à créer une équivalence entre « droite » et « colonie » et donc une impossibilité ontologique de concilier « droite » et… « concession ». Pourtant, celui qui a fait la paix avec l’Egypte, l’israélien Menahem Begin appartenait à la même tendance politique que Netanyahou. Celui qui a évacué par la force les derniers kibboutz (« colonies » en média dans le texte) du Sinaï pour respecter l’accord de paix s’appelait Ariel Sharon. A en croire les médias français, il était à droite du diable sur l’échiquier politique. Donc puisqu’il est de droite, Netanyahou est forcément contre la paix, même s’il a fait de multiples déclarations à l’ONU proposant des négociations directes pour y parvenir.

Quant à Monsieur Abbas qui est largement déconsidéré auprès des Palestiniens, que voici un timide euphémisme ! Mahmoud Abbas, élu en janvier 2005… pour un mandat de 5 ans, emprisonne les journalistes qui ne le décrivent pas comme l’archétype du parfait démocrate. Sa fortune personnelle est estimée autour de 100 millions de dollars et celles de ses fils sont évaluées autour de chiffres à neuf zéros. Là aussi, hasard ou coïncidence, cette mauvaise opinion de ses administrés ?

 

Mais pourquoi cette paix est-elle impossible ?

L’AFP renvoie dos à dos les deux protagonistes (les deux seuls qui ne participent pas à la Conférence de la Paix) en titrant : « La violence, les colonies »

Après des années de lutte armée palestinienne, deux soulèvements populaires (intifadas), plusieurs guerres dans la bande de Gaza, les Territoires palestiniens, Jérusalem et Israël sont en proie depuis l’automne 2015 à un nouvel accès meurtrier de violences et à une succession d’attaques anti-israéliennes, le plus souvent par des jeunes isolés.

Une semaine avant la conférence, un Palestinien a tué quatre soldats israéliens à Jérusalem avant d’être abattu.

Israël accuse l’Autorité palestinienne d’encourager la violence et affirme que la conférence de Paris fait “reculer la paix”.

 

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Israël accuse l’AP d’encourager la violence et, objective jusqu’au bout des griffes, l’AFP ne prend pas parti. Elle se garde aussi de lire les comptes-rendus de la presse palestinienne, des fois qu’elle tomberait sur quelque chose qu’elle n’a pas envie de savoir.

Ainsi, le 25 avril 2015, Yahi Mousa, un député du Hamas, a déclaré que l’Autorité palestinienne versait chaque mois autour de 10 millions de dollars en salaires à des familles de terroristes de Gaza, ou aux terroristes eux-mêmes. A des terroristes GAZAOUIS, nous insistons, car les terroristes de Cisjordanie étant rémunérés directement, le Hamas n’est pas au courant des montants versés. Bon, mais est-ce que payer des terroristes ou leurs familles pour aller se faire exploser au milieu de civils israéliens encourage réellement la violence ?

Et est-ce que le fait d’avoir, huit jours avant la conférence, déjà établi une résolution de clôture rendant Israël responsable de tout ce qui va mal et fixant ses frontières aux lignes d’avant 1967 (celles dont l’ONU avait exigé la modification pour qu’elles deviennent « sûres et défendables ») sans demander la moindre contrepartie aux Palestiniens fait avancer ou reculer la paix ?

Une grande partie de la communauté internationale redoute que la poursuite de la colonisation ne scelle le sort d’un éventuel Etat palestinien, tant ces implantations juives rongent le territoire occupé par Israël.

OK, ça n’a pas été le cas avec l’Egypte (paix signée en 1979, tous les territoires conquis ont été restitués), ni avec la Jordanie (paix signée en 1994, tous les territoires rendus ou échangés), mais on peut craindre un danger même quand l’expérience prouve qu’il n’y a pas lieu de le faire.

 

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Qu’attendre de la conférence ?, se demande l’AFP, comme tous les observateurs aux yeux un tant soit peu ouverts.

La conférence se tiendra sans Israéliens ni Palestiniens.

La France proposait que le président François Hollande rende compte dans la foulée des résultats à MM. Abbas et Netanyahu. Mais ce dernier a refusé l’invitation et du coup, l’Elysée a indiqué que M. Abbas serait reçu “dans un cadre bilatéral dans les prochaines semaines”.

Monsieur Netanyahou connaît déjà les résultats de la conférence, car il lit les journaux, il a donc refusé de venir se faire humilier sur place pour écouter la liste des pièges mortels dans lesquels on espère l’enfermer. Ben piske c’est comme ça, on déroulera le tapis rouge pour apprendre à Monsieur Abbas qu’il a obtenu tout ce dont il rêvait sans avoir besoin de faire la moindre concession à l’ennemi qu’il a juré d’exterminer. M’enfin, ami Martien, où avez-vous été pêcher l’idée que c’est un encouragement à poursuivre cette attitude de refus systématique ? Sur Mars peut-être, mais ici, cela ne fait qu’augurer de futures relations paisibles !

La tenue de la conférence est en soi une victoire pour les Palestiniens, mais M. Netanyahu a d’ores et déjà prévenu qu’Israël ne serait pas lié par ses résultats.

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C’est un assez bon résumé de la situation : la France organise à grand frais une généreuse journée de Paris by day pour quelques copains fréquentables et tout ce que la planète compte d’autocrates, despotes et autres islamistophiles. Les seuls absents sont les seuls concernés, ce qui ne surprendra que ceux qui ignorent pourquoi Fabius avait imaginé cette usine à gaz : dans l’espoir que cela le légitimerait comme candidat à la succession de Ban Ki-Moon. La paix au Moyen-Orient, le responsable-mais-pas-coupable de cette dépense somptuaire aux frais du contribuable n’en a rien, mais alors vraiment rien à faire, encore moins qu’avant (si c’est possible ?), maintenant qu’il est recasé au Conseil Constitutionnel ! Quant au bouc émissaire, il a déjà fait savoir qu’il ne se prêterait pas au sacrifice que l’on exige de lui.

A l’issue de la journée, le communiqué de presse du ministère des Affaires Etrangères est un monument de langue de bois, celle dont on fait les gourdins de Guignol. Les participants « ont noté qu’il était important de répondre à la situation dramatique dans la Bande de Gaza dans le domaine humanitaire et de la sécurité et ils ont appelé à prendre rapidement des mesures pour améliorer la situation. »

Si la situation de Gaza est « dramatique », que dire de celle de Homs située en plein coeur de ce Proche-Orient auquel la conférence prétend apporter la paix ?

 

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Alors pour finir sur une note optimiste, suggérons à nos bienfaiteurs de l’humanité de préparer une initative-de-la-paix.2.

TripAdvisor leur conseille de l’organiser à Gaza pour améliorer sa « situation dramatique ». On ne parle pas de ce pauvre Ismael Hanyieh, avec sa petite fortune ridicule 4 millions de dollars, qui fait certes de la peine, mais de la gigantesque prison à ciel ouvert dont nous vous proposons des photos :

 

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mahran

 

Les Juifs prient « l’an prochain à Jérusalem » depuis l’an 70. Souhaitons-nous l’an prochain dans un palace de Gaza pour une autre initiative de paix !

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Auteur : © Liliane Messika pour InfoEquitable. Si vous souhaitez reproduire cet article, merci de demander ici une autorisation écrite préalable.

Derniers commentaires
  • Superbe article. Je n’aurais pas fait mieux.
    Bravo, Madame.
    Il ne peut servir qu’aux soutiens d’Israël car le reste de la population n’en sera pas informé (l’immense majorité) par leurs médias (l’immense totalité) ou se bouchera les oreilles ou criera à la désinformation (surtout les gens qui se disent “de gauche”).
    Ainsi va ce monde.

    Au plaisir de vous lire encore et plus.

  • Bonjour ,

    Continuez à nous informer comme vous le faites.
    Et bonne chance à votre Site.
    Au plaisir de vous lire

    • Merci à vous pour votre soutien !

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