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Les propagandistes de Gaza commémorent la mort de Napoléon

« L’agression française était pire que l’Israélienne », estime un point de vue relayé dans cette dépêche de l’AFP publiée avant le bicentenaire…

 

La France commémore ce 5 mai le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte.

Le sujet occupe évidemment l’espace médiatique, d’autant que la président Macron a décidé de prononcer un discours à cette occasion.

Voilà donc un thème porteur que ne pouvaient pas rater les propagandistes palestiniens aguerris, d’autant que, la date étant connue à l’avance, ils pouvaient s’y préparer.

Deux jours avant, un article de l’AFP est donc paru. Publié par exemple dans le magazine de voyages Geo, mais aussi dans Le Figaro, il ne fait pas explicitement référence au bicentenaire mais revient sur le bref passage de l’empereur à Gaza dans la foulée de sa campagne d’Egypte en 1799.

D’entrée, un contraste est posé entre les mots de Napoléon qui écrivit que « les citronniers, les forêts d’oliviers, les inégalités de terrain représentent parfaitement le paysage du Languedoc ; l’on croit être du côté de Béziers », et les grillages et miradors (israéliens, bien sûr) qui entourent aujourd’hui Gaza.

Nous avons retrouvé la source de la citation dans cette Correspondance de Napoléon Ier adressée au Général Desaix, où l’on peut également lire, à la phrase précédent immédiatement ces mots : « Nous avons mangé des chiens, des ânes et des chameaux. Depuis trois jours, il fait ici un vent horrible et il pleut à verse ; le ciel est couvert ; c’est le climat de Paris. » Cela fait un peu moins rêver mais n’aurait pas servi le besoin de l’auteur de dresser un tableau romantique de l’époque pour l’opposer à la réalité actuelle.

 

 

Le passé conquérant de Napoléon fait aujourd’hui débat. L’article surfe sur cette vague et porte un jugement sévère sur le personnage. Mais comme souvent dès qu’il s’agit de Gaza, tout est prétexte.

Le passage central du texte est chapeauté par un sous-titre « L’occupation avant l’occupation ».

L’AFP y rappelle que Gaza est « sous blocus israélien » (occultant le rôle conjoint de l’Egypte) et que s’y « entassent deux millions de Palestiniens » (ce mythe du surpeuplement de Gaza a déjà été démonté par InfoEquitable).

Puis l’auteur de l’article se penche sur le « passage du futur empereur de France en Palestine » – cette Palestine qui n’était alors qu’une région d’un autre empire, celui des Turcs ottomans.

Il est instructif de voir que, dans l’optique de donner l’illusion d’un ancien passé « palestinien », Le Figaro est allé jusqu’à renommer sur une légende de photo la campagne en Egypte et au Levant (879.000 résultats sur Google), devenue campagne en Egypte et en Palestine (une dénomination totalement fabriquée que Google recense 5 fois).

 

 

Le directeur du département d’histoire de l’université islamique de Gaza (une référence…) porte alors son – sévère – jugement :

 

Napoléon « a utilisé la science pour justifier l’occupation. Il a menti », estime-t-il.

 

Occupation. Le mot favori des propagandistes palestiniens est lancé. Et Israël arrive tout de suite derrière dans le discours, même s’il n’a rien à voir avec le sujet historique en question.

 

Lors de la Guerre des Six-Jours en 1967, Israël a conquis cette bande de terre dont il s’est retiré en 2005, mais y impose un blocus depuis l’accession au pouvoir du Hamas. A Gaza, nombre de Palestiniens utilisent le mot arabe « ihtilal » (occupation) pour désigner tant Israël que la campagne napoléonienne.

 

Le contexte de 1967, avec les menace génocidaires de ses voisins arabes (dont l’Egypte qui occupait la bande de Gaza depuis 1949) qui ont forcé Israël à aller au combat ? Oublié. Les agissements terroristes du Hamas qui ont engendré en réponse le blocus (israélo-égyptien, on le rappelle, et portant uniquement sur les biens pouvant avoir un usage militaire) ? Oubliés.

Le parallèle le plus éhonté reste tout de même celui sur l’« ihtilal ». D’abord parce que Napoléon n’a laissé aucune trace durable à Gaza, il n’a fait qu’y passer sans que la France n’y déploie aucune souveraineté. Et s’il avait occupé le territoire, ce n’aurait pas été en le prenant aux Palestiniens, qui n’existaient pas en tant que peuple à l’époque, mais aux Ottomans, l’occupant d’alors dont le nom n’est pas une seule fois mentionné dans l’article alors que c’est bien contre eux que Napoléon se battait.

Et puis, Israël a évacué Gaza en 2005. Quand des Palestiniens décrivent Israël comme « l’occupation », ils ne parlent donc pas de Gaza : ils sous-entendent que ce pays est illégitime sur tout son territoire, à Haïfa, Tel Aviv, ou bien sûr Jérusalem. Ce qu’ils veulent vraiment dire est qu’ils désirent la fin de l’Etat juif. Le parallèle entre les « occupations française et israélienne » est donc terriblement malhonnête.

Le jugement le plus péremptoire de l’article est toutefois laissé à un autre professeur d’histoire gazaoui :

 

L’agression française était pire que l’Israélienne

 

D’une pierre, deux coups. Diaboliser Israël. Culpabiliser les Français à l’heure où ils ont une tendance peut-être saine au départ, mais parfois disproportionnée à se battre la coulpe pour leur passé colonial tout en absolvant les expansionnismes islamiques – dont le Hamas est un parfait représentant.

La France et Israël font face, on le sait, à un terrorisme islamiste dont le terreau est commun.

Le legs historique de Napoléon mérite d’être revisité, analysé, critiqué. Mais il vaut certainement mieux que ce genre d’instrumentalisation.

 

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Image : capture d’écran YouTube Musée de l’Armée

 

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