AccueilRessourcesOpinionsSérie israélienne «Our Boys»: pourquoi la polémique?

Série israélienne «Our Boys»: pourquoi la polémique?

Partagez
  • 85
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    85
    Partages

Diffusée à partir du jeudi 30 janvier sur Canal +, la dernière série de la chaîne américaine HBO centrée sur Israël, « Our Boys », affirme être « basée sur les véritables événements qui ont conduit au déclenchement de la guerre à Gaza » pendant l’été 2014 et mêler la vérité à la fiction. Si la critique qu’en font les médias français est très positive, soulignant par ailleurs le dynamisme créatif d’Israël et la grande liberté de parole dont y jouissent les artistes, ils rappellent également que la production a suscité la polémique à sa sortie en Israël. Ils n’en expliquent cependant pas suffisamment les raisons. Pour comprendre, il a fallu passer en revue la série complète de 10 épisodes.

 

Cet article, adapté en français par InfoEquitable, a été écrit en anglais par Ricki Hollander et publié pour la première fois par CAMERA (une organisation qui promeut une couverture précise et équilibrée d’Israël et du Moyen-Orient) sous le titre Why the Controversy over HBO’s «Our Boys»?

 

Les événements de cet été-là

L’été 2014 a été une période traumatisante en Israël. Le 12 juin 2014, trois adolescents israéliens – Naftali Frenkel et Gilad Shaer, 16 ans, et Eyal Yifrah, 19 ans – ont été enlevés par des agents du Hamas alors qu’ils faisaient de l’auto-stop dans le Gush Etzion (en Cisjordanie). Une vaste opération de recherche, baptisée « Gardiens de nos frères », fut lancée par l’armée et le service de Sécurité intérieure (Shin Bet) israéliens : les troupes passèrent la zone au peigne fin à la recherche des garçons, ciblant l’infrastructure terroriste du Hamas et arrêtant ses membres. Pendant ce temps, le pays se rassembla en solidarité avec les familles des garçons, priant pour leur retour en toute sécurité. Une campagne dans les médias sociaux, avec le hashtag #BringBackOur Boys, devint virale, sensibilisant le monde entier à l’enlèvement des terroristes et suscitant des prières pour les victimes.

 

(g-d) Eyal, Gilad, Naftali

 

La recherche agonisante de Naftali, Gilad et Eyal continua pendant 18 jours jusqu’au 30 juin, lorsque les forces de sécurité découvrirent leurs cadavres enterrés dans un champ appartenant à des membres du Hamas près de Hébron. Après avoir initialement nié la responsabilité des enlèvements/meurtres, un haut responsable du Hamas la revendiqua ensuite, louant « l’action héroïque des Brigades Kassam (branche armée du Hamas) ».

Houssam Hassan Qawasme, le cerveau de l’attaque, fut arrêté le 11 juillet et avoua ensuite avoir planifié et financé l’attaque, ayant reçu des fonds du Hamas. Il avait fourni des armes aux terroristes, caché les corps et détruit les preuves. Ce n’est qu’à la fin du mois de septembre que les forces de sécurité retrouvèrent les auteurs, Marwan Qawasmeh et Amer Abou Aisheh, qui furent tués dans une fusillade lors de l’opération d’arrestation.

Le Hamas répondit à la répression par un barrage de tirs d’obus et de roquettes sur Israël en provenance de Gaza. Selon le Centre de renseignement et d’information sur le terrorisme Meir Amit, 52 missiles furent tirés sur Israël en juin 2014 et 237 missiles et des dizaines d’obus furent tirés au cours de la première semaine de juillet. Alors que les tirs de roquettes et d’obus sur Israël s’intensifiaient, l’armée israélienne répondit par des attaques aériennes visant les caches d’armes du Hamas, les rampes de lancement et les infrastructures terroristes. Cela évolua en une guerre de 7 semaines entre l’armée israélienne et le Hamas, que l’armée israélienne baptisa « Opération Bordure protectrice ».

Le traumatisme de cet été fut intensifié par le meurtre choquant et vicieux de Mohammed Abou Khdeir, 16 ans, originaire d’un quartier arabe de la partie orientale de Jérusalem, perpétré par trois Israéliens déterminés à venger les enlèvements/meurtres des adolescents israéliens. L’attaque eut lieu quelques heures seulement après les funérailles de Naftali, Gilad et Eyal, choquant et horrifiant le pays entier. Des émeutes éclatèrent dans les quartiers arabes d’Israël. Les trois assassins israéliens, Yossef Haïm Ben David et deux parents dont les noms ne furent pas divulgués parce qu’ils étaient mineurs, furent retrouvés et arrêtés quelques jours après que le corps brûlé de Mohammed eut été retrouvé dans la forêt de Jérusalem. Ils furent inculpés devant un tribunal israélien et condamnés à la prison à vie (à l’exception d’un des mineurs qui fut reconnu coupable de complicité de meurtre et condamné à 21 ans de prison).

 

La levée de boucliers initiale contre « Our Boys »

La série est une coproduction de HBO et Keshet International, produite par Movie Plus. Bien que son titre fasse écho au hashtag #BringBackOurBoys, le scénario ne porte pas sur les adolescents israéliens qui avaient fait l’objet de la campagne sur les réseaux sociaux. Ces jeunes et leurs familles ne sont vus que de façon éphémère dans des extraits de journaux télévisés de l’époque. La série se concentre plutôt sur la dissection du meurtre brutal de Mohammed et le procès de ses assassins, avec les enlèvements/meurtres de Naftali, Gilad et Eyal servant de toile de fond pour établir le motif de vengeance des auteurs israéliens.

La description obsessionnelle par les cinéastes de la sauvagerie perpétrée par les Israéliens sur Mohammed n’apparaît que dans la dernière partie de la série, mais c’est néanmoins la première controverse engendrée par la production. La réaction de rejet du public contre la série de HBO commença en Israël dès que la publicité précédant le lancement révéla que la série se concentrerait sur le meurtre de Mohammed Abou Khdeir et le chagrin de sa famille plutôt que sur les meurtres des victimes israéliennes et la souffrance de leurs familles. En effet, les auteurs palestiniens de l’enlèvement et des meurtres des Israéliens ne sont identifiés qu’à la fin de la série – et seulement pour suggérer que le système judiciaire israélien est plus sévère envers les Palestiniens qu’envers les Israéliens.

Les créateurs de la série – Hagaï Levi et Joseph Cedar, et Tawfik Abou Wael – avaient anticipé les réactions de rejet et ont justifié leur choix d’orientation :

Pour Levi :

 

Nous avions beaucoup plus envie de comprendre les auteurs de ce meurtre que de comprendre le statut de victime de notre camp… Pour nous, tant sur le plan théâtral que politique, comprendre l’agression est crucial… Se concentrer sur le statut de victime engendre plus d’actes de vengeance. Se concentrer sur l’agression, du moins tel que je vois les choses, c’est essayer de l’arrêter”.

 

Cedar ajoute :

 

…je regarde le conflit dans lequel nous nous trouvons, un cycle de 90 ans de violence depuis 1929. J’ai le sentiment que ceux qui racontent ces histoires ne s’occupent que de notre sentiment de victime et cela ne fait qu’encourager le prochain acte de vengeance. Mais si nous nous occupons de notre côté agressif, de la façon dont nous transformons la douleur en vengeance, il y a une chance que le cycle se termine…

 

Mohammed Abou Khdeir

Il est certain que la nature exceptionnelle du meurtre de Mohammed Abou Khdeir – sa singulière cruauté et l’identité choquante des agresseurs – mérite l’attention : tout au long des années du conflit arabo-israélien, les meurtres de vengeance commis par des Juifs ont été rares et aucun n’a fait preuve d’une telle brutalité.

Mais la critique de la série va bien au-delà de l’attention portée au meurtre tragique de Mohammed Abou Khdeir. La production est critiquée pour avoir déformé la vérité sur ce qui s’est passé, car elle dissimule certains aspects de l’histoire tout en exagérant ou en inventant d’autres parties pour laisser entendre que la cruauté des Juifs envers les Arabes n’est pas anormale.

Quelques 120 familles endeuillées qui ont perdu des proches à la suite d’attaques terroristes en Israël ont protesté auprès de HBO au sujet de la représentation déformée, exprimant leur inquiétude que « les gens qui regardent la série à l’étranger pensent que le terrorisme juif est équivalent au terrorisme palestinien – nous les tuons, et ils nous tuent – alors que la situation est complètement opposée ». D’après leur lettre :

 

« L’enlèvement et le meurtre des trois jeunes est l’un des nombreux cas de meurtre de Juifs. Les meurtriers reçoivent … des encouragements et sont traités comme des héros. En revanche, le meurtre de Mohammed Abou Khdeir a été accueilli avec choc et condamnation par la grande majorité de l’opinion publique israélienne. Chaque année, des dizaines de Juifs sont assassinés à la suite de l’incitation à la violence continue de l’Autorité palestinienne. La rue arabe ne condamne pas le meurtre des Juifs et même le soutient et l’encourage…. L’État d’Israël a agi avec détermination pour attraper et punir les meurtriers d’Abou Khdeir. En revanche, l’Autorité palestinienne récompense et glorifie les meurtriers de Juifs. Dans les camps et les écoles, ils les louent et leur apprennent à suivre leur chemin… »

 

Le point de vue des créateurs de l’émission

Les cinéastes ont recréé, dans la série, leur propre vision subjective des événements qui se sont déroulés, en inventant des personnages fictifs qui incarnent leurs propres croyances. Et si certaines choses sont amplifiées et d’autres ignorées, c’est parce que cela reflète leur propre impression biaisée de la situation. Le flou entre la vérité et la fiction a été un choix délibéré de la part des cinéastes. Ils ont expliqué que « l’idée était de créer un monde uniformisé où l’on ne révèle pas ce qui est documentaire et ce qui ne l’est pas ». De plus, « la pièce tournait autour du désir d’influencer et d’exprimer la vérité artistique et politique ».

 

(g-d) Hagaï Lévi, Joseph Cedar, Tawfiq Abou Wael

 

Hagaï Lévi, le cinéaste qui a été initialement approché par HBO, a grandi dans un foyer juif orthodoxe mais a quitté ce milieu. Il est titulaire d’un diplôme de premier cycle en psychologie. Pour lui, la réalisation de la série a été l’occasion d’une introspection et d’une « remise en question ». Il a tenté d’identifier et de comprendre ce qu’il considérait comme « les courants souterrains très profonds » de la société juive israélienne, en particulier la société juive orthodoxe, qui ont engendré les meurtriers d’Abou Khdeir. Levi déclare :

 

… Il est important pour nous de dire que le meurtre d’Abou Khdeir n’est pas venu de nulle part. Nous avons essayé d’expliquer comment un environnement spécifique affectait quelqu’un dont l’âme était faible, et comment, lorsque quelque 100.000 personnes disaient « Mort aux Arabes », cette personne faisait en sorte que cela se réalise.

 

Joseph Cedar, le cinéaste embarqué dans l’aventure par Lévi, a lui aussi quitté le judaïsme orthodoxe dans lequel il a grandi. Pour lui, il s’agissait d’une rébellion contre l’idée qu’une telle cruauté de la part des Juifs était un événement anormal. Selon lui :

 

« … des dizaines de milliers d’Israéliens étaient descendus dans les rues en criant « Mort aux Arabes ! », « Vengeance, vengeance ! » On pouvait l’entendre dans toute la ville », dit Joseph Cedar. « Le lendemain, ils ont trouvé le corps d’un Arabe brûlé, et tous sans exception ont dit : les Juifs n’auraient pas pu faire ça ! Il y a un terme clinique pour cela : le refoulement. Notre histoire ébranle quelque peu notre capacité à refouler. Ce meurtre n’aurait dû surprendre personne….la haine en nous n’est pas différente de celle de l’autre côté… »

 

Tawfik Abou Wael est un cinéaste arabe israélien qui a été amené dans l’équipe pour écrire et réaliser les rôles palestiniens de l’histoire. Pour lui, il s’agissait de montrer que le crime des trois Israéliens reflétait les vues déshumanisantes et racistes de la société israélienne dans son ensemble. Abou Wael explique :

 

C’est l’opinion publique israélienne qui est responsable du meurtre de Mohammed Abou Khdeir. En fin de compte, ce sont ces trois personnes qui l’ont perpétré. L’état d’esprit fondamental d’une société qui déteste les Arabes, qui ne voit plus les Arabes comme des êtres humains, s’est concrétisé par trois personnes qui ne voyaient pas Mohammad comme un être humain… Il y a un racisme institutionnalisé de la police et du système de sécurité contre les Palestiniens. Ils sont considérés comme des ennemis. Ils ne sont pas traités comme des citoyens égaux. Il y a beaucoup de torts et de crimes quotidiens dont on n’entend pas parler. C’est juste que dans le cas d’Abou Khdeir, cela s’est transformé en un très grand événement médiatique.

 

Les perceptions déformées des cinéastes

Ces affirmations représentent des perspectives très subjectives plutôt qu’une vérité objective. Le message n’est pas étayé par les faits. Et c’est là que se situent la controverse et la critique.

Contrairement ce que font croire Lévi et Cedar en montrant des dizaines de milliers d’Israéliens descendant dans la rue pour appeler à la vengeance et à la mort des Arabes, il n’a été signalé après les funérailles des jeunes israéliens qu’une seule manifestation dans le pays où le slogan « Mort aux Arabes » a été scandé. Organisée par un groupe marginal d’extrémistes, elle comptait quelques centaines et non des dizaines de milliers de personnes. La police a affronté les extrémistes. Selon des informations de l’époque :

 

Mardi soir, la police de Jérusalem a arrêté au moins 47 manifestants juifs ultra-nationalistes qui scandaient des slogans anti-arabes et dénonçaient l’absence de réaction du gouvernement face au meurtre des trois adolescents israéliens.

Les manifestants ont crié « Mort aux Arabes » et « Pas d’Arabes, pas d’attaques terroristes ». Beaucoup portaient des autocollants et des chemises exprimant leur soutien au rabbin ultra-nationaliste Meir Kahane.

Selon la police, un homme a été arrêté après être entré dans un McDonald’s avec un masque et avoir tenté d’attaquer un Arabe. Trois autres personnes ont été arrêtées à proximité après avoir attaqué des Arabes…

… La marche des manifestants, qui commença au pont des Cordes à l’entrée de la ville et se poursuivit le long de la route de Jaffa jusqu’au marché Mahané Yehuda et à la place de Sion, a bloqué la circulation et immobilisé brièvement le tramway de la ville. (Times of Israel)

et :

Plusieurs centaines d’extrémistes de droite à Jérusalem ont commencé à manifester, certains d’entre eux attaquant des passants arabes, alors que les familles des trois adolescents assassinés enterraient leurs fils à Modi’in.

Cinq Palestiniens ont été attaqués, et deux d’entre eux ont eu besoin de soins médicaux. Les extrémistes se sont livrés à de violents affrontements avec la police dans le centre de la capitale pendant plusieurs heures.

La police a arrêté 50 personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces incidents. Les transports publics du centre ville ont été perturbés pendant plusieurs heures, et des centaines de jeunes ont couru dans les rues du centre-ville en criant des slogans racistes et en appelant à la vengeance contre les Arabes. (Ha’aretz)

 

Le thème de la série : l’incitation généralisée à la violence par les Juifs

La base du scénario de « Our Boys » est alimentée par la fausse perception qu’un nombre écrasant d’Israéliens marchaient dans les rues en appelant à la mort des Arabes. Le thème général et troublant qui se dégage de cette série de dix heures, qui traîne souvent en longueur, est que l’acte brutal perpétré par les Juifs israéliens a été rendu possible par une partie importante et pleine d’ignorance de la société israélienne, déterminée à se venger et à haïr l’autre, et qu’il aurait dû être anticipé.

Bien qu’ils ne suggèrent pas que le racisme et l’intolérance soient endémiques dans toute la société israélienne, les cinéastes créent des personnages de fiction qui suggèrent que la moitié du public est coupable – à savoir la moitié à laquelle ils ne s’identifient pas. Ils exagèrent ainsi grandement l’ampleur de l’intolérance en Israël, en jouant sur les stéréotypes de rabbins orthodoxes racistes, bigots et mysogynes et de leurs fidèles.

 

L’agent Simon du Shin Bet

 

Le héros de la série est un officier fictif du Shin Bet qui se fait appeler « Simon » (joué par Shlomi Elkabetz). C’est lui qui traque les coupables du meurtre de Mohammed et qui aide à les inculper. Simon est dépeint comme un personnage sympathique, noble et très savant qui a grandi dans un foyer juif pratiquant mais qui a quitté son bercail, reconnaissant le sectarisme de la société qu’il a abandonnée.

Tout au long de la série, Simon exagère l’ampleur du fanatisme et de la haine au sein de la société israélienne, l’étendant à « la moitié du pays ». Contrairement à ses collègues, il anticipe une attaque de vengeance de la part des Juifs. Sa vision dure de la société israélienne est véhiculée dans des déclarations comme celles-ci :

 

« Si vous commencez à arrêter des gens pour avoir disséminé de la haine, la moitié du pays sera en prison… »

La moitié du pays criait « Mort aux Arabes » et « Vengeance »… ».

« Dites-moi ce que c’est que cette ville, comment se fait-il qu’il y ait des protestations juives dingues, et nous sommes en état d’alerte pour des représailles. »

 

Mélangeant l’espoir et les prières de masse pour la sécurité des garçons – des faits réels – avec l’incitation aux attaques de vengeance, la série présente les veillées de prières juives pacifiques comme de dangereuses éruptions de fondamentalisme et d’incitation frénétiques.

Les meurtriers de Mohammed sont montrés au milieu d’une séance de prière au Mur des Lamentations qui a réellement eu lieu. Entrecoupés d’images d’archives de la séance de prière au Mur, on voit les terroristes y réciter avec ferveur des psaumes, écouter les nouvelles dans la voiture en rentrant de la séance de prière et chanter bruyamment des prières à la maison. Ces scènes se déroulent dans un contexte où Simon s’inquiète du fait que les prières et l’espoir pourraient inciter à des attaques de vengeance. Il dit :

 

« C’est un ballon qui ne cesse de se gonfler, l’espoir, l’espoir, l’espoir. Quand nous les trouverons morts, tout cela [les prières et l’inquiétude] nous explosera au visage… »

« Demandez [aux familles de Naftali, Gilad et Eyal] de nous aider à calmer cette histoire de prière de masse… »

« La Division juive [ndlr. division du Shin Bet chargée d’enquêter sur les extrémistes juifs] considère cette frénésie [espoir et prière] comme dangereuse ».

« Peut-être que l’accent est mis sur les prières. Je m’inquiète pour les jours qui suivront. Que se va-t-il se passer lorsqu’il s’avèrera que les prières seront restées sans réponse ? Il y a des extrémistes qui peuvent très mal réagir… »

 

Lorsqu’on découvre que les auteurs sont juifs, l’omniscient Simon annonce triomphalement : « Nous pouvons aller de l’avant. Nos tueurs sont juifs ».

Le thème d’une nation baignant dans la haine et l’incitation est amplifié par un personnage nommé Yohaï, un « Jeune des collines » qui entre et sort de prison pour avoir provoqué la violence. Non seulement Yohaï est lui-même un raciste plein de haine – à un moment donné, il accuse le héros, Simon, d’avoir « une âme noire, comme un non-Juif » – mais il fait écho à l’hyperbole de Simon sur le nombre de Juifs qui nourrissent des sentiments similaires. Parmi les déclarations de Yohaï :

 

« La vengeance ? En général ? Oui, il y a un million de personnes qui veulent se venger des Arabes après avoir vu l’enterrement de 3 enfants… »

 

En apprenant le meurtre d’Abou Khdeir :

 

« Il est clair que c’était des Juifs… Parce que la vengeance est naturelle… c’est un fait. »

« [Ceux qui ne croient pas que les Juifs sont les auteurs] ont tort. C’est une partie du problème. Parce que vous pensez que les Juifs sont incapables de cruauté envers leur ennemi. »

« Je ne suis qu’une voix parmi d’autres. Il y en a des milliers comme moi. »

 

Et lorsqu’il entre dans la prison où sont détenus les assassins d’Abou Khdeir, il leur dit :

 

« Le pays est avec vous. Ils ont peur de le dire, mais tout le monde est avec vous. Vous devez le savoir. Vous avez fait ce que beaucoup de gens pensaient devoir faire, sans en avoir le courage… »

 

Inversion des rôles : qui incite à la violence ?

Dans l’un des derniers épisodes, le thème de l’incitation des Juifs à la violence contre les Arabes est encore amplifié par un agent du Shabak qui signale une flambée d’incitation parmi les Juifs israéliens entraînant de nombreuses attaques racistes contre les Arabes :

 

« Depuis le début de la guerre, il y a eu une grave escalade. Nous n’avons jamais vu une telle vague auparavant. Une augmentation de mille pour cent des appels à l’incitation et à la violence contre les Arabes. Nous avons également des dizaines d’attaques contre des chauffeurs de taxi et de bus arabes. Des menaces de mort contre des militants de gauche. Plus de 100 groupes Facebook, Twitter, WhatsApp avec des éléments racistes. Le truc, c’est qu’ils postent avec leur vrai nom, sans même se cacher – c’est quelque chose qui n’est jamais arrivé auparavant… »

 

La déclaration de l’agent renverse les faits historiques.

Des caricatures du Fatah célèbrent l’enlèvement d’adolescents israéliens comme une victoire.

Oui, il y a effectivement eu une escalade des incitations et des attentats terroristes à l’époque, mais ce n’était pas de la part de Juifs israéliens qui s’en prenaient aux Palestiniens. C’était le contraire : des Palestiniens ont célébré publiquement l’enlèvement et le meurtre des trois garçons israéliens avec des bonbons et des chants, glorifiant les auteurs.

 

Nov. 2014 : un massacre sanglant de fidèles dans une synagogue de Jérusalem – l’une des nombreuses attaques meurtrières de Palestiniens contre des Israéliens pendant cette période

 

La mère d’un des auteurs du Hamas est allée à la télévision publique pour déclarer sa fierté pour ses actions. Une chanson diffusée sur la télévision du Hamas a fait l’éloge des auteurs et a appelé à de nouveaux enlèvements.  Les dirigeants du Fatah ont menacé de recourir à la violence et ont encouragé le massacre des Israéliens, en diffusant une chanson qui encourageait les attaques terroristes. Les dirigeants du Hamas ont juré de détruire les Juifs et ont encouragé les jeunes enfants à suivre les traces de ceux qui commettent des attaques terroristes contre les Israéliens. L’incitation effrénée à la violence contre les Israéliens par les dirigeants palestiniens, sur les chaînes de télévision du Hamas et dans la presse de l’Autorité palestinienne, a entraîné de multiples attaques terroristes meurtrières pendant cette période : il y a eu plusieurs attaques mortelles à la pelleteuse et autres véhicules, de multiples attentats à l’arme blanche, des fusillades et un massacre de fidèles dans une synagogue de Jérusalem, sans parler des obus de mortier et des roquettes qui pleuvaient sur Israël depuis Gaza. Des dizaines d’Israéliens ont été tués et de nombreux autres gravement blessés. L’incitation à la violence a été implacable et a culminé avec l’intifada des couteaux de 2015-2016, au cours de laquelle des dizaines d’autres Israéliens ont été tués ou ont failli perdre la vie.

Contrairement à l’incitation à la violence institutionnalisée généralisée dans la société palestinienne, l’exhortation à la haine au sein de la société israélienne s’est limitée des éléments marginaux : dix membres d’un groupe radical, Lehava, ont été arrêtés par la police israélienne pour incitation à la haine. Il n’y a pas eu non plus « des dizaines d’attaques contre des chauffeurs de taxi et de bus arabes ». On a rapporté une attaque à la pierre sur un taxi arabe, dans laquelle le chauffeur n’a pas été blessé. La police a arrêté les auteurs, quatre garçons de 13 ans qui manifestaient à propos des meurtres à l’arme blanche de deux Israéliens par des Palestiniens, probablement encouragés par l’incitation rampante des dirigeants palestiniens.

 

Les méchants de la série

L’incitation palestinienne au terrorisme et les attentats étant absents de la série, les méchants sont les rabbins et les communautés de Juifs harédim (ultra-orthodoxes) qui sont caractérisés comme racistes, corrompus et arriérés. Ce portrait est véhiculé de manière très vivante par le dialogue d’Amitaï, le mari d’une psychothérapeute fictive qui a auparavant traité les meurtriers juifs. Amitaï accuse toute la communauté d’avoir créé et hébergé des meurtriers, racontant à sa femme :

 

« Je sais exactement d’où [le meurtrier] vient, je connais bien l’éducation, je comprends la mentalité… Avez-vous déjà parlé à vos voisins ? Ce sont des gens qui se nourrissent de haine, de racisme et de nationalisme depuis toujours. Qui protégez-vous ? Trois voyous harédim. Ils font plonger le pays vers l’enfer. »

 

Pour souligner la nature peu scrupuleuse et tribaliste des dirigeants de la communauté, le personnage du rabbin fictif est créé pour incarner toutes les qualités négatives attribuées à la communauté ultra-orthodoxe par ses détracteurs :

  • C’est un misogyne qui refuse de s’adresser directement à la psychothérapeute qui lui fait face parce qu’elle est de sexe féminin. Il préfère adresser la conversation à son mari non-psychologue (ce qui semble absurde, étant donné que c’est lui qui est censé avoir directement adressé les patients à la thérapeute).
  • Il est apparemment malhonnête et tente de corrompre les autres, tout en essayant de protéger les meurtriers de la justice. Il tente de contraindre la psychothérapeute à déclarer les meurtriers pénalement fous et incompétents pour être jugés, en contradiction avec son opinion professionnelle.
  • Le rabbin adopte un discours « nous contre les autres » à l’égard de la psychothérapeute, comme il le dit dans un mélange de yiddish et d’hébreu :

 

« Que vont-ils dire ? Les médias ? Les nations du monde ? Que dira-t-on si un homme religieux, sain d’esprit, a fait une telle chose ? Ne savez-vous pas ce que cela signifie ? Que Dieu nous en préserve, c’est le chemin de la Torah. Nous savons que c’est l’exception des exceptions, mais que dira-t-on ? Ces harédim, ces Juifs, c’est leur façon de faire. Y a-t-il un plus grand blasphème du nom de Dieu que cela ? »

 

L’assistant du rabbin s’approche du psychothérapeute pour discuter de leur « accord » et menace : « Nous ne voulons pas miner cette confiance. » Cela donne à Amitaï une nouvelle occasion d’incriminer l’ensemble de la communauté et ses dirigeants, comme il le proclame :

 

« …Au lieu de faire des manigances, demandez-vous comment ces meurtriers sont apparus au sein des vôtres. Et pourquoi ne pas « chasser le mal qui est parmi vous » ? Vous leur avez appris que c’est soit [assister à une] yeshiva, soit rien. Alors ils errent dans les rues en commettant des crimes, des actes de racisme. Et vous voulez vous en laver les mains ?… »

 

L’insinuation fallacieuse est que les meurtriers n’ont pas seulement été nourris par la haine et le racisme, mais qu’ils ont également reçu un soutien important au sein de leurs communautés.

Ce même thème est accentué par les descriptions de la famille encore orthodoxe du héros, Simon. Ils affichent une attitude « nous contre les autres » en niant la culpabilité des meurtriers juifs. Au début de la série, lors d’une discussion durant un dîner de Shabbat sur l’incitation à la haine par un autre rabbin et ses fidèles pratiquants, Simon refuse toujours d’accepter ces expressions de haine comme de l’incitation :

 

« Quelle incitation ? Mon frère aurait pu dire la même chose. Tout comme ses enfants et tous ceux que je connais… »

 

Son collègue du Shin Bet répond : « Ce sont ces gens qui emmènent l’amour d’Israël dans l’endroit le plus primitif, le plus raciste et le plus non-juif… »

Simon en vient plus tard à reconnaître le mal dans lequel il a été élevé. Lorsque son frère le supplie d’aider le père et le grand-père des meurtriers, un rabbin orthodoxe – un « saint homme » –, Simon incrimine toute la famille et la communauté :

 

« Un saint homme dont le fils est un meurtrier. Quelqu’un a élevé ce meurtrier ? Quelqu’un l’a éduqué ? Il a grandi dans la maison de quelqu’un ? »

 

À son frère qui attribue le meurtre principalement à un psychopathe, Simon suggère que les meurtriers sont enracinés dans la communauté (en évoquant les deux autres cas où des Juifs ont été condamnés pour des attaques terroristes contre des Arabes pendant le conflit de 70 ans) :

 

« Donc un fou, c’est comme ça que vous expliquez le meurtre ?… Il y a eu des précédents – Baruch Goldstein, le réseau « Jewish Underground ». »

 

Des rabbins et des membres de la communauté orthodoxe sont montrés en train d’utiliser des références bibliques pour justifier le racisme et le meurtre. À un moment donné, l’un des meurtriers en dit à un autre :

 

« Tu sais que le principe ‘Tu ne tueras pas’ ne s’applique pas à ce que nous avons fait ? Il ne vaut pas pour les non-Juifs. »

 

Dans un autre épisode, un rabbin compare les meurtriers d’Abou Khdeir au zélote Pinhas de la Bible. Et dans un autre épisode encore, un post de Yohaï sur Facebook utilise à nouveau la référence biblique à « l’acte de fanatisme » de Pinhas pour décrire l’action des meurtriers.

Le père et le grand-père des meurtriers est présenté comme un rabbin important de la communauté qui ne se préoccupe que des apparences et de la façon dont la réputation du reste de sa famille sera affectée. Dans la série, il ne condamne jamais les actions de sa famille comme étant moralement répréhensibles.

Ce qui manque à ce portrait de la société religieuse, c’est qu’en réalité, les dirigeants et les rabbins de toutes tendances – y compris le père du meurtrier – ont condamné sévèrement le meurtre. Le père de Yossef Haïm Ben David a publiquement condamné les actions de son fils dans le quotidien israélien Yediot Aharonot. Il a déclaré à propos de l’inculpation de son fils :

 

« Qu’ils fassent tout ce qui doit être fait. Toute cette situation est très difficile pour moi. Il a des problèmes psychiatriques depuis de nombreuses années… La honte est pour nous tous parce qu’il est interdit de faire une telle chose. Interdit selon notre sainte Torah et interdit selon la loi. »

 

Le rabbin Aharon Leib Shteinman, chef de la communauté ultra-orthodoxe ashkénaze (qui est décédé depuis), a déclaré :

 

« C’est un acte terriblement grave qui est interdit et qui n’est pas la voie de la Torah… La voie de la violence et de la vengeance n’est pas notre voie et quiconque fait de telles choses menace la vie du peuple juif. »

 

Et le rabbin Shalom Cohen, le chef spirituel du Shas (communauté sépharade ultra-orthodoxe d’où provenaient les terroristes), a condamné de la même façon les meurtriers :

 

« Une personne dont les mains sont tachées du sang d’innocents est soumise à la loi du « rodef ». » (c’est à dire considéré comme un « poursuivant » – celui qui court après un autre (pour le tuer) – qui peut être exécuté pour l’empêcher d’agir à nouveau).

 

Les médias religieux ont également condamné l’attaque et les meurtriers.

 

L’amplification des accusations de racisme israélien

Amplifiant les accusations de racisme institutionnalisé israélien et de traitement inégal formulées par le père de Mohammed, les cinéastes ignorent des aspects pertinents de l’histoire.

1) Il est démontré que les autorités israéliennes ont pris leur temps pour lancer une enquête sur la disparition de Mohammed, alors qu’elles avaient immédiatement recherché les meurtriers des garçons juifs.

La série ignore cependant complètement le fait qu’un appel d’urgence à la police israélienne provenant de l’un des adolescents juifs enlevés, Gilad Shaer, a été initialement rejeté comme une farce. La recherche n’a donc pas été lancée immédiatement. Le décalage a donné aux ravisseurs le temps de cacher les corps et de s’échapper. Il a fallu 18 jours aux forces israéliennes pour les retrouver. En revanche, le Shin Bet a trouvé et arrêté les auteurs du meurtre de Mohammed en quelques jours.

2) L’épilogue indique que les parents de Mohammed, Hussein et Suha Abou Khdeir, ont fait appel à la Cour suprême pour demander la démolition des maisons des tueurs, mais que « l’appel a été rejeté », ce qui implique qu’Israël refuse de traiter les terroristes juifs comme des terroristes. 

L’arrêt de la Cour suprême a cependant clairement affirmé que la réglementation anti-terroriste qui autorisait la démolition des maisons « s’appliquait aussi bien aux terroristes arabes qu’aux terroristes juifs, chaque cas étant différent », tout en notant que cette pratique devait être mise en œuvre immédiatement après un attentat terroriste afin d’avoir une chance raisonnable de dissuader de futurs attentats. L’appel spécifique dans cette affaire a été rejeté parce qu’il y a eu un long délai entre l’attaque et le dépôt de l’appel à la démolition. De la même manière, le tribunal a arrêté la démolition de maisons de terroristes palestiniens pour le même motif d’un délai d’un mois entre une attaque et une tentative de démolition. Le juge à la retraite Elyakim Rubinstein a décidé que « la requête ne devrait pas être accordée, avant tout en raison du délai considérable entre l’acte abominable de meurtre et la soumission de la requête », notant que la règle 119 – qui permet d’ordonner la démolition d’une maison où une activité terroriste présumée a eu lieu ou d’une maison de terroristes, de leurs complices ou de leurs partisans – s’appliquait à la fois aux terroristes arabes et aux terroristes juifs.

3) L’épilogue suggère également qu’un procès devait être intenté par le procureur pour obtenir une compensation financière de la part des tueurs, mais que le procureur a rejeté cette demande en raison du manque de moyens au sein des familles des tueurs, ce qui implique à nouveau que les Juifs israéliens bénéficient d’un traitement préférentiel en vertu de la loi.

Ce que l’émission ne mentionne pas, c’est que lorsque Yossef Haïm Ben David a été condamné en 2016 à la prison à vie pour plus 20 ans, il a également été condamné à payer à la famille d’Abou Khdeir 150.000 shekels en compensation. Et les deux mineurs ont été condamnés à payer aux Abou Khdeir 30.000 shekels, en plus de leur peine de prison. Les Abou Khdeir ont été indemnisés par l’État en tant que victimes du terrorisme par la Bitouah Leumi (assurance nationale), de la même manière que les familles israéliennes victimes du terrorisme palestinien sont indemnisées. Alors que l’État avait envisagé de poursuivre les tueurs pour obtenir le remboursement de ce qu’il avait déjà versé aux Abou Khdeir, il a abandonné cette idée après avoir constaté qu’ils ne disposaient pas d’actifs financiers suffisants pour rembourser l’État.

Par ailleurs, une fois les recours dans l’affaire pénale épuisés et les appels des tueurs rejetés en février 2018, les Abou Khdeir ont pu engager une procédure civile contre eux. En avril 2018, les Abou Khdeir ont intenté un procès contre les trois assassins pour 5,6 millions de shekels. Il est toujours en cours. 

 

Des séquences d’actualité choisies et modifiées.

La première mention et l’identification des assassins de Naftali, Gilad et Eyal par le Hamas apparaît sous la forme d’un bref bulletin d’information sur la démolition des maisons du meurtrier. Le seul autre endroit où ils sont mentionnés est dans l’épilogue qui note seulement qu’ils « ont été abattus lors d’un raid sur l’endroit où ils se cachaient ». Le fait qu’ils n’aient pas répondu aux appels à la reddition et qu’ils aient tiré sur l’unité de police spéciale qui avait encerclé la maison n’est ni mentionné ni montré.

La seule description de la guerre de Gaza se fait dans de brefs extraits d’anciens reportages, dont un seul mentionne les tirs de roquettes du Hamas « après le meurtre d’Abou Khdeir ». Les cinq autres séquences parlent des forces israéliennes qui « intensifient les dommages au Hamas », des « dizaines de victimes et (de) la destruction totale à Gaza », de l’augmentation « de la pression internationale sur Israël pour arrêter les bombardements », du leader palestinien Nabil Sha’ath qui qualifie une attaque aérienne israélienne de « crime de guerre », et d’Israël qui frappe une école de l’UNRWA « qui a fourni un refuge à de nombreux Palestiniens ». Il n’y a rien sur les meurtres de dizaines d’Israéliens, dont un jeune enfant et un travailleur thaïlandais, par des roquettes terroristes provenant de Gaza et rien sur les cas répétés de roquettes trouvées dans des écoles de l’UNRWA que l’UNRWA avait rendues au Hamas.

L’épilogue mentionne les places, les rues et les institutions, ainsi que les festivals de dabkeh (danse traditionnelle), nommés d’après Mohammed Abou Khdeir qui serait devenu un symbole palestinien de la « lutte contre l’occupation israélienne ». Il n’y a pas de séquences ni de mention à propos des places, rues, institutions et festivals qui portent le nom et célèbrent les terroristes palestiniens qui ont tué des Israéliens dans des attentats terroristes meurtriers et sont également devenus des symboles de la résistance pour les Palestiniens.

Il n’y a aucune suggestion de violence palestinienne dans aucun des reportages qui sont montrés, rien sur le grand nombre d’attaques palestiniennes qui ont tué, blessé et terrorisé des Israéliens pendant cette période – aucun extrait des chansons, des bulletins d’information ou des discours des dirigeants palestiniens appelant leur peuple à tuer des Israéliens, et aucune image des émeutes et des attaques terroristes sanglantes contre les Israéliens qui ont résulté de cette incitation.

 

Conclusion

Sur quoi l’accent est-il mis ?

Dans les trois derniers épisodes, le meurtre est rappelé au moins 9 fois avec de multiples reconstitutions, des flashbacks, des scènes où le procureur lit l’acte d’accusation détaillé au père de Mohammed Abou Khdeir, puis où le père l’explique à la mère, des scènes où des personnes témoignent au procès, la lecture de l’acte d’accusation et des reportages sur l’acte d’accusation.

L’ampleur de l’incitation à la violence, de la haine et du soutien aux meurtriers en Israël et surtout dans le monde religieux est sans cesse exagérée.

L’accent est également mis à plusieurs reprises sur les frappes israéliennes contre les terroristes du Hamas.

Qu’est-ce qui est ignoré ?

Alors que le Premier ministre Nétanyahou et la mère endeuillée de Naftali Frankel condamnent le meurtre d’Abou Khdeir, la condamnation générale en Israël de la part de tout le spectre politique et religieux est complètement ignorée.

L’incitation institutionnalisée à la violence contre les Israéliens par les dirigeants du Hamas et de l’Autorité palestinienne et les nombreuses attaques meurtrières de Palestiniens contre les Israéliens sont également absentes de la série.

Une série qui exagère et gonfle certaines parties de l’histoire tout en ignorant les autres parties, et qui déforme les détails est une série qui s’éloigne de la vérité.

Le problème est que la série prétend représenter une reconstitution historique honnête et factuelle de ce qui s’est passé. Et son écart par rapport à ce principe est précisément la raison de toutes les critiques et controverses.

 

Vous appréciez le travail de veille et d’information d’InfoEquitable ? Aidez-nous à le poursuivre en faisant un don déductible de vos impôts à hauteur de 66 % des sommes versées. Chaque geste compte ! Suivez aussi InfoEquitable sur Facebook et Twitter.


Source : « Why the Controversy over HBO’s «Our Boys»? », CAMERA.org, 26 septembre 2019

Auteur : Ricki Hollander, analyste des médias senior pour le Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America (CAMERA)

Traduction française : InfoEquitable

Si vous souhaitez reproduire cet article, merci de demander ici une autorisation écrite préalable.


Partagez
  • 85
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    85
    Partages
Derniers commentaires
  • Bonne analyse du biais anti-israélien habituel. Merci, cela m’évitera de regarder cet instrument de propagande.

  • Honnêteté et probité pourrait être votre devise. Bravo, car ça devient de plus en plus rare aujourd’hui.

Commenter

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.